
Mardi 25 novembre 2014 à 11h55
Ankara, 25 nov 2014 (AFP) — Le Parlement turc doit entamer mardi l'examen d'un projet de loi du gouvernement islamo-conservateur qui renforce les règles d'obtention de la citoyenneté turque, soumise à une exigence de "bonne moralité", et les pouvoirs de la police.
Selon une copie du texte déposé par le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, tout étranger qui sollicite la nationalité turque via son mariage avec un ou une Turc(que) devra désormais se comporter en "bonne moralité", sans autre précision.
Cette condition s'ajoute à celle déjà exigée pour l'acquisition de la citoyenneté turque, à savoir ne pas constituer une menace pour la sécurité nationale ou l'ordre public.
Au pouvoir depuis 2002, l'actuel gouvernement turc est régulièrement accusé par ses détracteurs de vouloir islamiser la société turque.
Outre cette mesure, le projet de loi fourre-tout déposé par l'AKP prévoit toute une série de mesures renforçant les pouvoirs de la police, après des émeutes prokurdes qui ont fait plus de 30 morts début octobre, spécialement dans le sud-est du pays.
Il autorise notamment les forces de l'ordre à recourir aux armes à feu contre toute personne porteuse de cocktails Molotov.
Le projet de loi interdit également aux manifestants l'usage de ces cocktails et de tout autre engin incendiaire ou de dissimuler leur visage. Les porteurs de masques, casques ou foulards risqueront dorénavant jusqu'à cinq ans de prison et ceux qui seront coupables de dégradations de biens publics devront les rembourser.
Ce texte étend enfin le droit des forces de sécurité à recourir aux perquisitions, saisies et autres écoutes téléphoniques.
"Avec cette réforme les méthodes les plus efficaces seront prises contre les vandales qui abusent les manifestations", a plaidé mardi le Premier ministre Ahmet Davutoglu devant les députés de son parti, majoritaires au Parlement.
Début octobre, des milliers de jeunes kurdes sont descendus dans les rues de toute la Turquie pour dénoncer le refus d'Ankara d'aider militairement les combattants kurdes qui défendent depuis maintenant deux mois la ville syrienne de Kobané (nord), assiégée par les jihadistes du groupe État islamique (EI).
Ces émeutes ont fait au moins 34 morts et causé de très importants dégâts matériels.
Ankara a été récemment épinglé par les ONG et dans les capitales étrangères pour la répression violente de nombreuses manifestations.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.