
Samedi 1 novembre 2014 à 17h07
Istanbul, 1 nov 2014 (AFP) — Des milliers de personnes ont manifesté samedi à travers la Turquie et en Europe en signe de soutien aux combattants kurdes défendant la ville syrienne de Kobané assiégée depuis des semaines par les jihadistes de l'organisation Etat islamique (EI).
En Turquie, les manifestations organisées à l'appel du principal parti pro-kurde, le Parti démocratique du peuple (HDP) à l'occasion de la journée mondiale "Urgence Kobané", se sont déroulées dans plusieurs villes.
Le plus grand rassemblement a eu lieu à Diyarbakir, la "capitale" de la zone kurde de Turquie (sud-est) où 15.000 personnes ont participé à une marche pacifique et se sont dispersées pour la grande majorité dans le calme, a indiqué l'agence de presse Dogan.
Un petit groupe a néanmoins lancé des pierres sur la police antiémeute à la fin de la manifestation et a été dispersé par des grenades lacrymogènes, selon Dogan.
A Hakkari, dans l'extrême sud-est, des manifestants cagoulés ont incendié la succursale d'une banque.
A Istanbul un millier de personnes ont manifesté dans le centre-ville, près de l'emblématique place de Taksim.
Les manifestants qui arboraient des photos du chef rebelle kurde de Turquie emprisonné, Abdullah Ocalan, et chantant des mélodies à sa gloire, ont défilé sur la rue piétonne d'Istiklal sous une importante escorte policière, a constaté l'AFP.
Une manifestante âgée de 49 ans, Sema, femme au foyer, s'est pour sa part indignée des atrocités commises par les extrémistes sunnites dans les zones dont ils ont pris le contrôle en Irak et en Syrie.
"Comment voulez-vous que l'on réagisse autrement à des gens qui tranchent des têtes", a-t-elle notamment dit.
- "Kobané symbole de résistance kurde" -
"Kobané est le symbole de la résistance kurde", a déclaré Bülent, un manifestant de 51 ans, louant les efforts unis des Kurdes pour défendre cette ville située à proximité de la frontière turque.
Environ 5.000 manifestants se sont en outre mobilisés à Suruç (sud-est), ville turque située en face de Kobané, qui abrite des dizaines de milliers d'habitants de cette ville qui ont fui l'offensive des jihadistes, a constaté un journaliste de l'AFP.
Des manifestations similaires ont eu lieu dans la capitale turque Ankara et Izmir (ouest).
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a prévenu samedi que "les rassemblements pacifiques seront autorisés" mais que s'ils dégénéraient, "le nécessaire sera fait", en allusion à une intervention des forces de l'ordre.
Début octobre, 31 personnes sont mortes, selon un bilan officiel, dans des émeutes pro-kurdes qui ont agité la Turquie, poussant le gouvernement islamo-conservateur turc à vouloir renforcer son arsenal législatif pour réprimer les violences lors des manifestations.
Les manifestants avaient reproché à la Turquie de ne pas venir en aide militairement pour Kobané pris en étau depuis la mi-septembre.
Après deux jours d'attente en Turquie, un groupe de 150 peshmergas (combattants kurde d'Irak) équipés d'armes lourdes, est entré vendredi soir depuis la Turquie dans la ville.
Des appels à manifester ont été lancés à travers l'Europe à l'occasion de cette journée.
Environ 800 personnes se sont rassemblées dans le centre-ville de Bruxelles.
A Londres, 500 personnes se sont retrouvées sur Trafalgar Square, déployant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Solidarité avec Kobané" ou "Soutenez Kobané, Soutenez la démocratie".
Un manifestant, Ari Ali (28 ans), souhaite une aide du gouvernement britannique en faveur des combattants kurdes. "C'est pour cela que les gens viennent ici, pour réveiller le gouvernement", a-t-il dit.
La Grande Bretagne fait partie de la coalition internationale menée par les Etats-Unis contre l'EI qui frappe les positions des jihadistes par air.
D'autres manifestations ont eu lieu à Munich, Hambourg, Paris ou Lyon.
Dans cette dernière ville, 300 manifestants se sont ralliés à la cause de Kobané portant un long drapeau aux couleurs du Kurdistan Ouest (en Syrie) tandis que d'autres tenaient des pancartes indiquant "Saviez-vous qu'il y a un massacre à Kobane ?".
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Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.