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Les peshmergas irakiens quittent la Turquie pour se rendre à Kobané


Vendredi 31 octobre 2014 à 21h39

Suruc (Turquie), 31 oct 2014 (AFP) — Les quelque 150 combattants kurdes irakiens stationnés dans la ville frontalière turque de Suruç ont fait mouvement vendredi soir en direction de la ville syrienne de Kobané assiégée par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), a constaté un journaliste de l'AFP.

L'agence de presse kurde Firat News a indiqué pour sa part que les peshmergas irakiens avaient franchi la frontière syrienne et étaient entrés dans Kobané.

Leur convoi composé de plusieurs autocars et véhicules militaires a quitté peu avant 21h30 locales (18h30 GMT) l'entrepôt de Suruç où ils se trouvaient depuis quarante-huit heures et pris la direction du poste-frontière de Mursitpinar, à quelques kilomètres de là, escorté par l'armée turque et acclamé par des centaines de Kurdes massés le long de la route.

Sous la pression américaine, le gouvernement islamo-conservateur turc a autorisé la semaine dernière le passage par son territoire de renforts venus de la région autonome du Kurdistan irakien pour renforcer les combattants kurdes qui défendent Kobané (Aïn al-Arab en langue arabe) depuis six semaines face aux forces du groupe Etat islamique (EI).

Une partie de ce contingent est arrivée mercredi avant l'aube à Suruç par avion, tandis qu'un second convoi, chargé d'armes lourdes, a franchi au même moment la frontière entre l'Irak et la Turquie, et a rejoint la ville frontalière turque à près de 400 km de là, au terme d'un long trajet par la route au cours duquel il a été acclamé par des milliers de Kurdes de Turquie.

De 50 à 150 hommes, selon les sources, de l'Armée syrienne libre (ASL), émanation de l'opposition modérée au régime du président syrien Bachar al-Assad, ont par ailleurs franchi la frontière turque mercredi pour rejoindre le front de Kobané.

La Turquie refuse toute intervention militaire directe pour aider les combattants kurdes de Syrie qui défendent Kobané.

Ankara estime qu'une telle intervention renforcerait le président Assad, sa bête noire, et considère les milices kurdes qui combattent à Kobané comme proches du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène depuis 1984 la rébellion sur le sol turc.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.