
Vendredi 24 octobre 2014 à 13h56
Bagdad, 24 oct 2014 (AFP) — La décision du Kurdistan irakien d'envoyer des combattants défendre Kobané en Syrie via la Turquie, suscitait vendredi des critiques de la part de certains parlementaires à Bagdad, alors que d'autres défendent cette initiative.
Ce déploiement est "illégal et inconstitutionnel", a indiqué à l'AFP Samira al-Moussaoui, membre de la commission des affaires étrangères du Parlement.
Les peshmergas sont les "gardiens de la région (autonome du Kurdistan)", a-t-elle ajouté.
Le Kurdistan compte envoyer des dizaines de ses combattants se battre contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) qui assiègent les forces kurdes syriennes depuis plus d'un mois dans Kobané, à la frontière syro-turque.
Les peshmergas sont déjà aux prises avec les jihadistes de l'EI dans leur région du nord de l'Irak, pays dont l'EI occupe une vaste partie du territoire depuis sa grande offensive lancée en juin.
Autre membre du Parlement de Bagdad, Alia Nasayif a fait part dans un communiqué de sa surprise de voir "les peshmergas se concentrer sur la défense de la ville syrienne de Kobané au lieu de se concentrer sur la défense de Tal Afar et Sinjar (ndlr: localités sous contrôle de l'EI dans le nord de l'Irak) et d'autres villes irakiennes".
Selon elle, le déploiement de peshmergas dans la troisième ville kurde de Syrie contrevient à plusieurs dispositions de la Constitution, dont les articles 78, qui fait du Premier ministre le commandant en chef des forces armées, et 110, qui dit que la formulation des politiques étrangère et de sécurité nationale est du ressort du gouvernement fédéral.
Des parlementaires irakiens ont cependant défendu la décision kurde, comme Hakim al-Zamili, dirigeant d'une des plus grandes milices chiites du pays, qui a qualifié le déploiement de peshmergas de "normal" et "dans l'intérêt du peuple irakien car l'Irak et la Syrie sont une même plate-forme". Si l'EI sortait victorieux à Kobané, "il irait en Irak et tuerait" (les Irakiens), a-t-il dit.
L'absence de réactions de la part Premier ministre Haïdar al-Abadi et d'autres responsables gouvernementaux semble en outre indiquer l'approbation tacite en plus haut lieu d'un tel déploiement par les peshmergas.
Shirko Mohammed, membre Kurde du Parlement de Bagdad, a indiqué à l'AFP que le groupe des députés kurdes avaient déjà effectué deux interventions sur le sujet en séance et n'avait reçu aucune objection ou réponse écrite.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.