
Vendredi 10 octobre 2014 à 11h36
Ankara, 10 oct 2014 (AFP) — Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a répété vendredi que son pays était opposé aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI) qui assiègent la ville syrienne kurde de Kobané autant qu'il l'était au régime du président syrien Bachar al-Assad.
"La Turquie est opposée à l'EI de la même façon qu'elle est opposée à Assad", a déclaré M. Davutoglu devant la presse, "Assad et l'EI sont tout autant responsables de tous ces événements tragiques".
Malgré le feu vert de son Parlement, le gouvernement islamo-conservateur turc refuse pour l'heure d'intervenir militairement contre l'EI, qui assiège Kobané (Aïn al-Arab en langue arabe) distante de quelques kilomètres à peine de la frontière turque.
Ankara justifie ses réticences à combattre l'EI par sa volonté de ne pas renforcer par ricochet la main du président Assad, sa bête noire.
La Turquie exige la mise en place d'une "zone-tampon" doublée d'une zone d'exclusion aérienne le long de la frontière syro-turque afin d'accueillir les réfugiés et de protéger les secteurs du territoire syrien encore tenus par l'opposition modérée.
Cette position irrite les Etats-Unis, à la tête de la coalition internationale qui mène des frappes aériennes contre EI. Washington a dépêché jeudi deux des responsables de la coalition à Ankara pour presser ses dirigeants de s'impliquer davantage.
"Personne ne peut prouver que la Turquie soutient l'EI", a également insisté vendredi M. Davutoglu.
La Turquie est accusée par ses alliés d'avoir longtemps soutenu les mouvements syriens les plus radicaux, dont l'EI, pour accélérer la chute du régime de Damas.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.