
Dimanche 21 septembre 2014 à 20h26
Berlin, 21 sept 2014 (AFP) — Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a de nouveau exclu dimanche toute participation de Berlin à des frappes aériennes ou à une intervention terrestre en Irak, invoquant une "répartition" des taches dans la lutte contre l'organisation de l'Etat islamique (EI).
Interrogé sur la télévision publique ARD sur les voix qui réclament un engagement plus fort de l'Allemagne en Irak, comme la participation à une surveillance aérienne dans le nord du pays, le ministre social-démocrate a estimé que ces exigences "ne correspondaient absolument pas" avec ce qu'il entendait dans les discussions actuelles avec les partenaires internationaux de Berlin, "bien au contraire".
Les décisions prises par Berlin, comme envoyer des armes aux combattants kurdes pour pouvoir se défendre contre EI, "n'ont pas été facile à prendre", a souligné M. Steinmeier, qui a également rejeté l'idée que les frappes aériennes franco-américaines sur EI puissent mettre Berlin sous pression.
"Non, la coalition n'est pas constituée de cette façon", a insisté le ministre. "L'alliance qui s'est structurée va se répartir le travail. Nous (l'Allemagne) en avons pris notre part (...) de responsabilité", une part "importante", dans le nord de l'Irak.
"D'autres États se chargent d'autres taches", à l'image de la France qui soutient les frappes américaines. "C'est une question de répartition des taches", a-t-il répété, écartant une participation allemande à des frappes aérienne ou à l'envoi de troupes au sol.
"Pour nous, il n'en est pas question", a insisté M. Steinmeier.
Fin août, le gouvernement allemand a annoncé qu'il allait fournir des armes aux Peshmergas, les combattants kurdes, afin qu'ils puissent se défendre contre EI. Berlin va également envoyer une quarantaine de soldats en Irak, tandis qu'une trentaine de Kurdes viendront en Allemagne.
L'armée allemande est sous contrôle parlementaire, et il faudrait le feu vert des députés pour une intervention dans une zone de conflit, ce qui est hautement improbable.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.