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45.000 Kurdes de Syrie déjà réfugiés en Turquie pour échapper aux jihadistes d'EI


Samedi 20 septembre 2014 à 12h35

Dikmetas (Turquie), 20 sept 2014 (AFP) — Quelque 45.000 Kurdes de Syrie se sont réfugiés depuis vendredi en Turquie pour fuir les combats entre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et les combattants kurdes dans le nord-est de la Syrie, a annoncé samedi un vice-Premier ministre turc.

"A l'heure où je vous parle, 45.000 Kurdes de Syrie ont franchi la frontière et sont entrés en Turquie en huit points de passage différents s'étendant sur 30 km entre Akçakale et Mursitpinar" (sud), a déclaré Numan Kurtulmus devant la presse à Istanbul.

Selon un photographe de l'AFP, plusieurs milliers de personnes contraintes à l'exode, dont de nombreuses femmes, enfants et vieillards, se pressaient encore samedi pour passer la frontière à 2 km du poste-frontière de Mursitpinar.

Les soldats turcs ont ouvert les barbelés qui séparent les deux pays en plusieurs points pour faciliter le passage de ces réfugiés, en provenance directe de la ville d'Aïn-al-Arab (Kobané en langue kurde) assiégée par les homme de l'EI, a rapporté ce photographe.

Après leur avoir un temps refusé l'entrée, les autorités turques ont finalement été contraintes vendredi d'ouvrir leur frontière à une cohorte de plusieurs milliers de personnes qui se pressaient devant la localité turque de Dikmetas.

Le gouvernement islamo-conservateur d'Ankara a justifié ce geste "exceptionnel" par la violences des combats qui se déroulent côté syrien.

"Nous avons ouvert nos postes-frontière parce que c'était notre devoir", a indiqué le vice-Premier ministre Kurtulmus. "La Turquie était prête à faire face à un afflux de réfugiés pouvant aller jusqu'à 100.000 personnes", s'est-il félicité, "aucun pays au monde n'est capable d'accueillir sans problème 45.000 réfugiés en une nuit".

- Assistance -

"Les vies de tous ceux qui arrivent de Syrie ou d'Irak en Turquie sont sacrées pour nous, comme celles de nos propres ressortissants", a renchéri samedi le Premier ministre, Ahmet Davutoglu. "Tous ceux qui viennent trouver refuge ici sont les bienvenus, quelles que soient leur religion ou leur ethnie", a-t-il ajouté.

En vertu de sa politique de "porte ouverte", la Turquie accueille aujourd'hui près d'un million et demi de réfugiés syriens qui ont fui les combats qui opposent depuis 2011 les rebelles aux troupes du président Bachar al-Assad.

Les capacités d'accueil des camps dressés le long de la frontière ont été dépassées depuis très longtemps et plus d'un million d'entre eux vivent dans les villes du pays, souvent dans la rue, provoquant des incidents de plus en plus fréquents avec la population locale.

Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a salué le geste des autorités turques vis-à-vis des réfugiés kurdes syriens.

"La Turquie accueille déjà une population substantielle de réfugiés syriens et ses capacités sont déjà poussées à leur limite. Sa décision d'ouvrir les frontières à des personnes fuyant de nouvelles violences, dans des conditions difficiles, est juste et humain", a déclaré Amin Awad, directeur du HCR pour l'Afrique et le Moyen-Orient.

Membre de l'Otan, la Turquie refuse de participer à toute opération militaire contre l'EI dans le cadre de la coalition mobilisée autour des Etats-Unis.

Accusé d'avoir un temps armé les rebelles les plus radicaux qui cmbattent contre le président syrien Bachar al-Assad, dont l'EI, Ankara a justifié sa retenue par sa volonté de protéger la vie de 49 de ses citoyens retenus en otage par l'EI.

Ces otages ont été libérés samedi matin et ont regagné saisn et saufs la Turquie après une opération des services secrets turcs, selon le président Recep Tayyip Erdogan.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.