
Mercredi 3 septembre 2014 à 14h52
Erbil (Irak), 3 sept 2014 (AFP) — L'ancien Premier ministre François Fillon a appelé mercredi depuis Erbil le gouvernement français à organiser une conférence internationale de donateurs pour apporter "une aide immédiate" à l'Irak face à l'offensive des jihadistes de l'Etat islamique (EI).
Le co-président par intérim de l'UMP s'exprimait à l'issue d'une visite de 48 heures qui l'a mené à Bagdad puis à Erbil (nord), capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, au cours de laquelle il s'est entretenu avec différents responsables.
Il était notamment accompagné des députés Valérie Pécresse et Pierre Lellouche.
"Profondément choquée" par la violence qui s'est abattue sur l'Irak et le Kurdistan, ainsi que par "le sort des populations déplacées", la délégation UMP a appelé la communauté internationale à combattre l'Etat islamique, "une menace qui concerne l'humanité toute entière".
"Il ne s'agit pas d'une question régionale mais de combattre une force composée de terroristes venus du monde entier, y compris de notre propre pays", a déclaré l'ancien Premier ministre au sujet de l'EI, dont "la barbarie nous ramène aux heures les plus sombres de notre histoire".
Le président français François Hollande a proposé la tenue d'une conférence internationale sur la sécurité en Irak. Il s'en est entretenu mardi avec son homologue irakien Fouad Massoum.
M. Fillon a également évoqué le sort des réfugiés chrétiens, chassés de leurs villes par l'avancée des jihadistes, dont l'offensive lancée le 9 juin a jeté sur les routes des centaines de milliers de personnes.
"Nous allons aussi lancer un appel à la population française, aux entreprises françaises et aux Eglises en particulier, pour venir en aide aux chrétiens d'Orient menacés d'extinction, menacés d'expulsion de cette région dans laquelle ils vivent depuis 2.000 ans", a lancé M. Fillon.
Le sort des réfugiés issus des minorités chrétiennes et Yazidis a particulièrement ému l'opinion internationale, la France ayant déjà accordé l'asile à des réfugiés chrétiens.
M. Fillon a enfin salué l'aide apportée par le gouvernement aux combattants kurdes des peshmergas, affirmant que des armes françaises étaient déjà arrivées, sans vouloir donner plus de détails. Se faisant "l'interprète de ce qu'(il) a entendu", il a plaidé pour des livraisons rapides et les plus directes possibles aux peshmergas.
Interrogé sur la situation en Syrie, où l'EI a saisi, comme en Irak, de vastes pans de territoires et instauré un califat à cheval sur les deux pays, M. Fillon a reconnu que "beaucoup d'erreurs" avaient été commises "par tout le monde" sur la gestion de la crise syrienne.
Il a ajouté que l'opposition entendait demander au gouvernement des précisions sur les livraisons d'armes française à l'opposition modérée syrienne.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.