
Mardi 1 juillet 2014 à 22h05
Beyrouth, 1 juil 2014 (AFP) — Les jihadistes de l'Etat islamique (EI) doivent libérer les quelques 133 collégiens kurdes qu'ils ont kidnappés en Syrie il y a un mois, ont demandé mardi Human Rights Watch et l'UNICEF.
Le groupe, initialement connu sous le nom de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), avait kidnappé 153 collégiens le 29 mai, dont 10 filles, qui rentraient de la ville d'Alep (nord) où ils avaient passé les examens de fin d'année.
Les enfants rentraient en bus à Aïn al-Arab, dans la province d'Alep, quand ils ont été arrêtés à Menbej, ville contrôlée par l'EI.
Depuis, le groupe extrémiste a relâché une quinzaine de collégiens, dont les dix filles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Cinq autres ont fui.
"Deux des enfants ayant fui ont raconté que l'EIIL avait forcé les enfants à suivre des leçons de la charia (loi islamique) et de l'idéologie jihadiste. L'un d'eux a révélé que l'EIIL battait les enfants qui se +conduisaient mal+", a indiqué HRW, organisation de défense des droits de l'Homme basée à New York.
Plusieurs parents recevaient régulièrement des appels téléphoniques de leurs enfants kidnappés, d'autres ont affirmé n'avoir eu aucun contact, selon HRW. Ils craignaient que l'EI n'entraîne les garçons au combat.
"Prendre en otage, utiliser, recruter et enrôler des enfants dans un conflit armé, constituent des crimes de guerre", rappelle HRW dans son rapport.
De son côté, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) a dit dans un communiqué suivre avec "une grande inquiétude" la situation des écoliers kurdes enlevés âgés de 14 à 16 ans, dénonçant de "graves violations des droits de l'enfant" et affirmant que "ceux qui commettent de tels crimes doivent rendre des comptes".
"Cela est inconcevable que des enfants doivent subir de tels actes brutaux de violence et soient forcés à participer dans cette guerre", ajoute l'Unicef.
L'EI, qui vient d'annoncer la création d'un califat sur un territoire s'étendant de la Syrie à l'Irak, combat des factions kurdes dans des régions syriennes.
Il prend régulièrement des civils kurdes en otage, les relâchant parfois en échange de la libération de leurs combattants.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.