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La Turquie a commencé à exporter le pétrole du Kurdistan irakien (ministre)


Vendredi 23 mai 2014 à 11h46

Ankara, 23 mai 2014 (AFP) — La Turquie a commencé à livrer le pétrole du Kurdistan irakien sur les marchés internationaux, a annoncé vendredi son ministre de l'Energie.

"Les livraisons ont débuté à 22H00 heure locale (19H00 GMT) hier (jeudi, NDLR) depuis le port de Ceyhan" (sud), a indiqué Taner Yildiz à la presse vendredi.

"C'est l'Irak qui vend et produit le pétrole et c'est l'Irak encore qui gérera les ventes futures", a souligné le ministre.

Cette annonce intervient alors que les autorités kurdes et le gouvernement irakien se livrent depuis plusieurs mois une bataille sur le contrôle des exportations de brut: Bagdad estime que le pétrole appartient au pays tout entier, tandis qu'Erbil veut traiter directement avec des compagnies pétrolières.

Les exportations via la Turquie, qui interviennent après les élections législatives du 30 avril en Irak à l'issue desquelles la coalition du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki est arrivée en tête, pourraient provoquer un regain de tensions entre les Kurdes et le gouvernement central de Bagdad.

Les Etats-Unis se sont inquiété jeudi d'une possible déstabilisation du pays.

"Notre position de longue date est de ne pas apporter notre soutien aux exportations si elles ne sont pas dûment approuvées par le gouvernement central irakien, et nous sommes inquiets de l'impact que pourraient avoir celles" en cours, a déclaré la porte-parole du département d'Etat Jen Psaki lors d'un briefing.

"Notre inquiétude la plus immédiate concerne la stabilité de l'Irak", a-t-elle ajouté.

"L'Irak fait face à la situation la plus difficile. Nous avons été clairs en disant qu'il est important pour toutes les parties d'agir pour aider le pays à avancer et éviter tout ce qui pourrait exacerber encore davantage les divisions et les tensions", a-t-elle insisté.

Les réserves de pétrole et de gaz de l'Irak sont parmi les plus importantes au monde. En 2013, le pays a produit en moyenne 3 millions de barils par jour, selon l'Agence internationale de l'Energie (AIE), fournissant à l'Etat 95% de ses revenus.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.