
Lundi 10 février 2014 à 13h26
PARIS, 10 fév 2014 (AFP) — Les juges enquêtant sur l'assassinat à Paris en janvier 2013 de trois militantes kurdes n'interrogeront pas dans l'immédiat les services de renseignements français sur ce qu'ils pouvaient savoir du meurtrier présumé, a-t-on appris lundi de source proche du dossier.
La cour d'appel de Paris vient de refuser d'examiner la demande des proches des victimes qui souhaitaient que les magistrats instructeurs sondent notamment la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), selon cette source.
"Au moment où tout porte vers une implication des services turcs dans ces assassinats, comment imaginer qu'on puisse refuser des investigations sur ce que savaient les services français sur la présence en France d'un possible agent turc ?", s'est indigné auprès de l'AFP Me Antoine Comte, un des avocats des proches des militantes assassinées.
Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez avaient été tuées par balles le 9 janvier 2013 au Centre d'information kurde (CIK) à Paris. Quelques jours plus tard, la police avait arrêté le tireur présumé, Ömer Güney, qui demeure à ce jour le seul mis en examen dans cette enquête antiterroriste.
Les interrogations sur son éventuelle relation avec le service de renseignement turc (MIT) ont été récemment relancées par la diffusion d'un enregistrement sur internet susceptible de le mettre en cause.
Ce Turc de 30 ans, qui était le chauffeur d'une des trois victimes et nie être leur meurtrier, a récemment réfuté devant les juges être l'homme qui s'adresse dans cet enregistrement à deux interlocuteurs présentés comme des agents turcs. Le MIT a démenti toute implication dans ces meurtres. Une expertise est en cours sur cet enregistrement.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.