
Jeudi 9 janvier 2014 à 14h46
ISTANBUL, 09 jan 2014 (AFP) — De violentes échauffourées ont opposé jeudi à Istanbul la police turque à plusieurs centaines de personnes rassemblées à la mémoire de trois militantes kurdes assassinées il y a un an à Paris, ont constaté des photographes de l'AFP.
Environ 500 à 600 manifestants kurdes, parmi lesquels plusieurs députés, se sont rassemblés en début d'après-midi devant le lycée Galatasaray d'Istanbul aux cris de "nous voulons la justice" pour les trois victimes, dont le mobile des meurtres reste toujours largement mystérieux.
Lorsque le cortège a pris la direction du consulat de France, les forces de l'ordre sont intervenues massivement avec des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des balles en plastique pour disperser les manifestants.
Des incidents étaient toujours en cours dans l'après-midi, selon l'AFP.
Les trois militantes kurdes Sakine Cansiz, figure historique du mouvement rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et proche de son fondateur Abdullah Öcala, Fidan Dogan et Leyla Saylemez ont été tuées par balles le 9 janvier 2013 dans les locaux du Centre d'information kurde (CIK) de Paris.
Huit jours plus tard, la police a arrêté un ressortissant turc de 30 ans, Ömer Güney, qui a été indulpé pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste".
Selon le procureur de Paris, il avait été désigné par le PKK comme le chauffeur et l'accompagnateur à Paris de Sakine Cansiz.
Le PKK a toutefois démenti que M. Güney était l'un de ses membres.
Plusieurs pistes ont été envisagées pour expliquer ce triple assassinat, d'un règlement de comptes au sein de la mouvance kurde lié aux actuels pourparlers de paix entre le PKK et la Turquie à un acte du mouvement d'extrême droite turc des "Loups gris", en passant par un crime crapuleux ou un différend personnel.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.