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L'Irak veut continuer à travailler avec BP sur un champ de pétrole contesté


Mercredi 6 novembre 2013 à 16h11

KIRKOUK (Irak), 06 nov 2013 (AFP) — Les autorités irakiennes ont affirmé mercredi qu'elles allaient continuer à travailler avec le groupe pétrolier britannique BP sur un champ de pétrole situé dans une zone disputée, au risque de provoquer la colère de la région autonome du Kurdistan irakien.

L'Irak veut développer le champ de Kirkouk, bien que le Kurdistan revendique la souveraineté de cette région dans le nord du pays, pour augmenter sa production pétrolière afin de financer sa reconstruction.

Le ministre irakien du pétrole, Abdel Karim al-Luaybi, le gouverneur de la province de Kirkouk, Najm al-Din Karim, et le directeur général de BP, Bob Dudley ont visité le site après une réunion de travail à Kirkouk.

"Le contrat avec la compagnie britannique sera exécuté de manière à faire face à la baisse de la production pétrolière du champ pétrolier de Kirkouk, qui a atteint 230.000 barils par jour (bpj), et la compagnie mènera les expertises dans le champ de Kirkouk pendant la durée du contrat", a déclaré M. Luaybi à l'AFP.

La production actuelle du champ de Kirkouk est bien en-deçà de ses anciens niveaux, et les responsables irakiens espèrent la faire remonter à environ 500.000 bpj d'ici trois ans.

Cette visite était la première depuis la signature en septembre de cet accord qui prévoit que BP mène des analyses dans le champ de Kirkouk, mais laisse aussi envisager que le groupe travaille à augmenter la production de ce gisement.

Un porte-parole du ministère des Ressources naturelles du Kurdistan irakien, qui avait condamné l'accord au moment de sa signature, n'a pas immédiatement commenté la rencontre de mercredi.

Parallèlement, Bagdad reproche au Kurdistan de passer des contrats pétroliers directement avec des compagnies étrangères, sans l'aval du gouvernement central.

Des diplomates et dirigeants considèrent que les différends entre Bagdad et Erbil, notamment le différend territorial concernant Kirkouk, est une de plus sérieuses menaces à long terme pour la stabilité de l'Irak, toujours plongé dans les violences.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.