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Une maire turque en grève de la faim contre un "mur de la honte" bâti face à la Syrie


Mardi 5 novembre 2013 à 17h53

ANKARA, 05 nov 2013 (AFP) — La maire kurde d'une commune du sud-est de la Turquie a entamé une grève de la faim pour dénoncer la construction d'un mur à la frontière entre son pays et la Syrie, qualifié de "mur de la honte", a-t-on appris mardi dans son entourage.

Membre du Parti kurde pour la paix et la démocratie (BDP), Ayse Gokkan a entamé son mouvement de protestation il y a sept jours, au beau milieu d'un champ de mines de sa commune de Nusaybin.

"C'est un mur de la honte construit au XXIe siècle", a fait savoir Mme Gokkan à l'AFP par la voix de son porte-parole. "Il est inacceptable de construire un mur de la honte entre les peuples kurdes", a-t-elle ajouté, "comme le mur de Berlin, ce mur restera comme une tache dans l'histoire de l'humanité".

"La maire est déterminée et ne cessera pas son action tant que le projet (de mur) n'est pas abandonné", a indiqué ce porte-parole, qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.

Le gouvernement turc a récemment décidé de renforcer la sécurité au poste-frontière de Nusaybin à la suite des violents combats qui ont opposé à Qamishli, de l'autre côté de la frontière, des groupes jihadistes en guerre contre le président Bachar al-Assad à des militants kurdes syriens du PYD.

Les autorités d'Ankara ont démenti toute volonté de construire un véritable "mur". Le vice-Premier ministre Bülent Arinç a expliqué lundi que les forces de sécurité turques se contentaient de déployer des barbelés sur une structure déjà existante.

Mais des sources locales ont indiqué à l'AFP qu'une structure en fer avait déjà été érigée et qu'elle était en train d'être recouverte de béton.

La construction de ce mur suscite des tensions de part et d'autre de la frontière. Dimanche, la police turque a ainsi fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser des manifestants qui avaient lancé des pierres et des cocktails Molotov dans la localité voisine de Cizre, blessant trois policiers, selon des sources sécuritaires locales.

La Turquie, qui soutient les rebelles hostiles au régime de Damas, accueille aujourd'hui quelque 600.000 réfugiés syriens sur son territoire, dont 200.000 dans une dizaine de camps déployés le long de la frontière entre les deux pays.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.