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Syrie: 13 morts dans l'explosion d'une voiture piégée à à Afrine


Jeudi 11 juillet 2019 à 11h15

Beyrouth, 11 juil 2019 (AFP) — Au moins 13 personnes, dont huit civils, ont été tuées jeudi dans l'explosion d'une voiture piégée à Afrine, dans le nord de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La ville d'Afrine et ses environs, majoritairement kurdes et situés dans la province d'Alep (nord), sont sous le contrôle de groupes rebelles alliés de la Turquie.

En mars 2018, Ankara avait pris le contrôle de la région, à l'issue d'une offensive menée de paire avec ses supplétifs syriens contre une milice kurde, les Unités de protection du peuple (YPG).

"L'explosion a eu lieu près d'un barrage (des forces rebelles pro-Ankara) à l'entrée" de la ville d'Afrine alors que des véhicules étaient massés pour inspection, a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Huit civils, dont deux enfants, ainsi que quatre combattants sont morts, selon M. Abdel Rahmane. L'identité d'une dernière victime décédée reste inconnue.

L'OSDH a également fait état de plus de 30 blessés des suites de la déflagration.

"Parmi les civils tués, au moins six sont originaires de la Ghouta orientale", un ex-fief rebelle près de Damas reconquis par le régime syrien l'an dernier et dont des milliers d'habitants avaient été transférés vers le nord syrien, dont à Afrine, a ajouté M. Abdel Rahmane.

Théâtre d'incidents sécuritaires récurrents, la région d'Afrine constitue l'un des trois cantons de la région "fédérale" autoproclamée en 2016 par les Kurdes, une minorité ethnique en Syrie qui aspire depuis des décennies à une autonomie politique.

En janvier, trois civils ont été tués dans l'explosion d'une bombe dans un bus à Afrine, à la date anniversaire du lancement de l'offensive turque.

Ankara considère les YPG comme une organisation "terroriste" et craint l'émergence d'un noyau d'Etat kurde à ses frontières, susceptible de galvaniser les velléités indépendantistes de la minorité kurde sur son territoire.

Outre les explosions, des échanges de tirs ont fréquemment lieu entre les YPG et des positions occupées par les soldats turcs et leurs supplétifs syriens, à l'ouest de la ville.

La moitié des 320.000 habitants de l'enclave d'Afrine ont fui leurs foyers lors de l'offensive turque, selon l'ONU, dont la majorité ne sont toujours pas retournés.

D'après l'ONU et l'ONG Amnesty International, des expropriations et autres types d'abus sont commis dans l'enclave par des combattants et des civils.

Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie s'est complexifiée au fil des ans, impliquant des puissances étrangères. Le conflit a déjà tué plus de 370.000 personnes et déplacé plusieurs millions.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.