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Attaques contre des associations franco-turques: un à trois ans de prison pour trois Kurdes


Mercredi 11 avril 2018 à 13h39

Paris (France), 11 avr 2018 (AFP) — Trois Kurdes ont été condamnés mercredi à Paris à des peines allant de un à trois ans de prison pour des jets de cocktails molotov à l'été 2016 contre les locaux d'associations turques à Valence et Montélimar (Drôme).

Le tribunal correctionnel a considéré que ces actions s'étaient inscrites "dans un contexte de revendication terroriste affiliée au PKK", le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation classée "terroriste" par la Turquie, les États-Unis et l'Union européenne.

Seul un de ces hommes, âgé de 24 ans et détenu, a été condamné pour sa participation aux deux attaques: Valence, ce qu'il reconnaît, et Montélimar, ce qu'il conteste. Pour association de malfaiteurs à visée terroriste et d'autres délits en lien avec l'utilisation d'explosifs, il a écopé de trois ans de prison.

Le plus vieux, 30 ans, a été condamné uniquement pour les faits commis à Valence, à deux ans d'emprisonnement.

Le dernier, âgé de 23 ans et sous contrôle judiciaire, a été condamné à un an ferme pour la confection et les jets de cocktails molotov à Valence, pas pour association de malfaiteurs terroriste.

Tous seront inscrits au Fijait (fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions terroristes).

Le parquet avait demandé cinq ans de prison pour les deux plus âgés, 18 mois pour le troisième.

Le sigle du PKK avait été retrouvé sur un mur de l'association culturelle turque de Montélimar, ciblée par des jets de cocktails molotov le 8 août 2016.

Les deux prévenus auxquels l'attaque était imputée avaient nié toute participation mais l'ADN de celui de 24 ans avait été retrouvé sur l'un des cocktails molotov, son téléphone avait borné sur les lieux de l'attaque le soir des faits et le véhicule utilisé appartenait à son beau-père.

Les trois hommes, qui vivaient à Marseille, avaient en revanche reconnu s'être rendus en voiture à Valence, le 22 août 2016, pour s'en prendre aux locaux d'une association franco-turque.

"Je regrette profondément. (...) J'ai agi par ignorance et désespoir", avait déclaré le plus âgé, expliquant avoir eu l'idée de l'attaque après l'attentat -non revendiqué- survenu quelques jours plus tôt en Turquie contre un mariage kurde, faisant 57 morts.

Les trois hommes avaient réfuté à l'audience leur appartenance au PKK et leurs avocats avaient plaidé l'abandon de la qualification "terroriste" pour laquelle ils étaient jugés.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.