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Erbil achève d'enterrer ses morts




ERBIL (Irak), 3 fév (AFP) - 12h45 - Les Kurdes achevaient mardi d'enterrer les morts du double attentat suicide contre leurs deux principaux partis à Erbil, qui a fait au moins 71 tués dimanche, mais persistaient dans leurs revendications fédéralistes.

Les processions funéraires parties à pied du siège de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), ravagé par l'attentat, se succédaient au cimetière d'Erbil, à 350 km au nord de Bagdad.

Quelque 2.000 Kurdes ont accompagné le cercueil d'un responsable de l'UPK, Chokhan Abbas, enveloppé dans un drapeau du parti, portant des couronnes de fleurs et des photos du défunt, jusqu'au cimetière, où se trouvaient déjà environ 2.000 autres personnes.

"L'attentat ne nous empêchera pas de garder notre Kurdistan et nous continuerons à réclamer nos droits avec nos frères arabes pour construire un nouvel Irak", a déclaré à la foule un dignitaire religieux.

"L'islam rejette les actes terroristes", a-t-il ajouté, tandis que l'ancien Premier ministre du gouvernement local de l'UPK Kawthar Ali Rassoul serrait dans ses bras le fils et la fille de Chokhan Abbas, en larmes.

Le gouverneur adjoint de la province, fief du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), Mahdi Khochnaw, a également été porté en terre au milieu d'une foule arborant des photos de la victime et des drapeaux du Kurdistan.

Le double attentat a fait 71 morts, rapporte mardi le journal Khabat, du PDK qui publie une liste nominale. Selon cette liste, tous les tués sont des hommes, dont neuf hauts responsables du PDK et six de l'UPK.

Les rues, hérissées de barrages, étaient quasiment désertes, à l'exception des membres de forces de sécurité, très tendus. Parmi les rares passants, certains portaient des brassards noirs.

"Tout le monde est triste parce que cet attentat a pour but de nous empêcher de demander le fédéralisme, mais nous insistons toujours pour l'obtenir", a déclaré le gérant d'une station-service, Chorj Ahmad.

Les revendications fédérales des dirigeants kurdes suscitent l'inquiétude dans la majorité arabe, qui redoute une partition de l'Irak.

La plupart des magasins et les institutions étaient fermés à cause des trois jours de deuil décrétés pour l'attentat et de la fête musulmane d'Al-Adha, qui a commencé dimanche.

Les deux kamikazes ont fait exploser leurs charges à quelques minutes d'intervalle au siège du PDK et de l'UPK à Erbil, au milieu des nombreux visiteurs venus présenter leurs voeux pour la fête, à l'occasion de laquelle les fouilles corporelles avaient été suspendues, selon des témoins.

Il s'agit du deuxième attentat le plus meurtrier en Irak depuis le début de l'occupation du pays. Le 29 août, au moins 83 personnes avaient été tuées, dont le chef du Conseil suprême de la Révolution islamique en IrakMohammad Baqer Hakim, dans un attentat à la voiture piégée dans la ville sainte chiite de Najaf, à 160 km au sud-ouest de Bagad.

Des responsables kurdes et de la coalition ont imputé l'attentat au groupe islamiste kurde irakien Ansar al-Islam.