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Un responsable politique kurde de Turquie se rend dans Aïn al-Arab assiégée par l'EI


Mardi 30 septembre 2014 à 13h38

Mursitpinar (Turquie), 30 sept 2014 (AFP) — L'un des chefs du principal parti kurde de Turquie s'est rendu mardi dans la ville syrienne d'Aïn al-Arab assiégée par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et a pressé la Turquie d'intervenir rapidement pour venir en aide à sa population kurde.

"Nous avons traversé (le frontière) jusqu'à Kobané (nom kurde d'Aïn al-Arab) et nous y avons rencontré un responsable du PYD (la branche militaire du Parti kurde syrien de l'Union démocratique)", a raconté le coprésident du Parti démocratique populaire (HDP), Selahattin Demirtas, à son retour au poste-frontière turc de Mursitpinar (sud).

"Les terroristes n'étaient qu'à deux kilomètres. Kobané est assiégée de tous les côtés par les combattants de l'EI", a-t-il poursuivi devant la presse.

M. Demirtas a profité de l'occasion pour exhorter le gouvernement islamo-conservateur turc à prendre des mesures contre les jihadistes.

"La Turquie peut réduire la déception qu'elle a causée dans sa population en intervenant", a-t-il plaidé. "Si tous le monde conjugue ses forces, personne ne peut battre un peuple qui défend une cause légitime".

Après l'avoir explicitement refusé, la Turquie semble prête à participer à son tour à l'intervention militaire engagée par la coalition formée par les Etats-Unis contre les combattants sunnites radicaux de l'EI, accusés de multiples exactions en Irak et en Syrie.

Accusée d'avoir soutenu, voire armé, les groupes rebelles les plus extrémistes engagés dans la guerre contre le régime du président syrien Bachar al-Assad, dont l'EI, Ankara a longtemps justifié son refus d'intervenir par la nécessité de protéger ses 46 ressortissants retenus en otage depuis juin par l'EI au consulat turc de Mossoul (Irak).

Depuis leur libération le 20 septembre, le pouvoir turc a totalement changé de discours et répété qu'il était prêt à rejoindre la coalition antijihadiste qui mène des frappes aériennes contre l'EI, sous une forme qui reste à définir.

Le Parlement turc doit débattre jeudi de résolutions qui doivent autoriser l'armée turque à s'engager en Syrie et en Irak.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.