
Lundi 20 octobre 2014 à 14h58
Suruc (Turquie), 20 oct 2014 (AFP) — La municipalité de la ville turque de Suruc, dirigée par le principal parti kurde de Turquie, a ouvert un nouveau camp pour accueillir les réfugiés syriens qui porte le nom d'une combattante kurde qui s'est fait exploser pendant la bataille de Kobané.
Âgée d'une vingtaine d'années, "Arin Mirxan", de son vrai nom Dilar Gencxemis, s'est donnée la mort le 5 octobre en provoquant la mort de "dizaines" de militants du groupe Etat islamique, selon les Unités de protection du peuple (YPG), la branche armée du principal parti politique kurde de Syrie.
"Arin a sacrifié sa vie pour son peuple et montré ce que la force d'une femme peut faire. Son nom devait être honoré", a déclaré à l'AFP Cihat Inco, le coordinateur du camp.
Selon M. Inco, ce nouveau camp d'une capacité de 5.500 places n'a bénéficié d'aucune aide de l'agence gouvernementale turque en charge des situations d'urgence (Afad), qui gère les autres installations provisoires où est hébergée une partie de 200.000 réfugiés kurdes qui ont quitté la région de Kobané depuis plus d'un mois.
"Nous sommes honorés d'être abrités dans un camp qui porte son nom", a indiqué une réfugiée, Vahide Mustafa, sur le pas de sa tente.
"Arin était plus courageuse que nous. Personne d'autre n'aurait pu faire ce qu'elle a fait", a renchéri Fawaz Abdo, un réfugié de 55 ans, "elle a versé son sang pour nous, cela ne peut pas être compensé".
"elle s'est sacrifiée pour une noble cause, son geste nous rend fiers", a estimé Cazya Ibrahim, une mère de 29 ans qui a traversé la frontière pour rejoindre la Turquie avec ses quatre enfants. "J'aurais aimé être à sa place. J'aurais aimé que nos coeurs soient aussi vaillants que le sien", a-t-elle ajouté.
Si elle constitue une première dans le conflit syrien, l'utilisation de kamikazes par les mouvements kurdes n'est pas une nouveauté. Dans les années 1990, le mouvement rebelle kurde du PKK s'est signalé par de nombreux attentats suicide visant les forces armées d'Ankara, notamment de la part de femmes.
La bataille de Kobané a été le théâtre de plusieurs attaques suicides menées les jihadistes de l'EI, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.