
Vendredi 24 juillet 2015 à 19h08
Istanbul, 24 juil 2015 (AFP) — Voici les événements survenus depuis l'attentat meurtrier perpétré lundi à Suruç, dans le sud de la Turquie, qui a mené vendredi ses premières frappes aériennes contre des cibles tenus par le groupe Etat islamique (EI) en territoire syrien.
--LUNDI 20 JUILLET--
- La Turquie est rattrapée par le conflit en Syrie qui se déroule depuis plus de quatre ans à ses portes, avec un attentat à Suruç (sud), près de la frontière syrienne, qui fait 32 morts et une centaine de blessés.
L'explosion vise le centre culturel de Suruç, où s'étaient regroupés des étudiants désireux de participer à la reconstruction de la ville de Kobané, de l'autre côté de la frontière, détruite lors de la bataille entre l'EI et les milices kurdes de Syrie.
- Le président Recep Tayyip Erdogan dénonce une "attaque terroriste". Son Premier ministre Ahmet Davutoglu met clairement en cause l'EI. "Les premiers éléments montrent que l'explosion est un attentat suicide et qu'il a été perpétré par Daech", l'acronyme arabe de l'EI.
- Début de manifestations, réprimées par la police, dans les grandes villes pour dénoncer la politique syrienne d'Ankara, notamment à Istanbul.
--MERCREDI 22 JUILLET--
- Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) revendique le meurtre de deux policiers retrouvés morts à leur domicile de Ceylanpinar (sud-est), présentant son opération comme une "action punitive" en réaction à l'attentat. Les détracteurs du gouvernement islamo-conservateur turc l'accusent de ne pas avoir pris la juste mesure de la menace jihadiste. D'autres d'avoir fermé les yeux sur les activités de l'EI sur son sol, principal point de passage de ses recrues vers la Syrie.
- Les autorités annoncent avoir formellement identifié le "kamikaze" de Suruç, un Turc de 20 ans. Selon la presse, il a effectué un séjour en Syrie dans les rangs de l'EI.
- Le pouvoir utilisera "tous les moyens pour traquer les auteurs" de l'attentat, réaffirme le chef de l'Etat turc.
- Entretien téléphonique du président américain Barack Obama avec son homologue turc.
--JEUDI 23 JUILLET--
- Des combattants jihadistes ouvrent le feu depuis la Syrie sur un poste frontalier de l'armée dans la région de Kilis, tuant un sous-officier et blessant deux soldats. Des chars ripostent immédiatement en ouvrant le feu sur une position jihadiste, tuant un de ses combattants.
- A Diyarbakir, grande ville à majorité kurde du Sud-Est, un agent des forces de l'ordre est tué et un autre grièvement blessé par deux hommes qui ouvrent le feu en pleine rue.
- Ahmet Davutoglu affirme qu'il prendra "toutes les mesures nécessaires pour préserver la sécurité nationale et l'ordre public", à l'issue d'une nouvelle réunion avec les chefs de l'armée et des services de sécurité ou de renseignement.
- Une organisation proche du PKK affirme avoir tué mardi à Istanbul un commerçant présenté comme un membre de l'EI.
--VENDREDI 24 JUILLET--
- Vers 04H00 locales (01H00 GMT), trois chasseurs F16 de l'armée de l'air bombardent plusieurs positions tenues par le mouvement radical sur le territoire syrien, face à la ville turque de Kilis (sud).
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les frappes turques ont tué 9 combattants jihadistes.
- Les autorités turques mènent dans tout le pays un coup de filet inédit contre des membres présumés de l'EI. Cette opération antiterroriste vise également les rebelles du PKK et l'extrême gauche.
Selon M. Davutoglu, 297 personnes soupçonnées d'appartenir à un "groupe terroriste" ont été arrêtées dans 16 provinces du pays, dont 37 ressortissants étrangers. Une militante marxiste est tuée par la police à Istanbul.
- M. Erdogan confirme que son pays a autorisé les Etats-Unis à mener des raids aériens contre des cibles jihadistes en Syrie ou en Irak depuis plusieurs de leurs bases, dont celle d'Incirlik (sud). "Elles seront utilisées dans un certain cadre", dit-il.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.