
Lundi 9 decembre 2013 à 15h03
DIYARBAKIR (Turquie), 09 déc 2013 (AFP) — Les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont relâché tôt lundi les quatre militaires turcs enlevés la veille dans le sud-est de la Turquie tandis que de nouveaux heurts ont opposé des milliers de manifestants kurdes à la police, selon une source de sécurité locale.
"Les soldats ont été remis aux autorités locales et sont en bonne santé", a souligné cette source à l'AFP. Grâce à la médiation du parti pro-kurde pour la paix et la démocratie (BDP), les rebelles ont été convaincus de libérer leurs otages.
Les militaires avaient été enlevés une dizaine d'heures plus tôt par un groupe de rebelles alors qu'il voyageaient en civil près de Diyarbakir, chef-lieu du sud-est anatolien, peuplé majoritairement de Kurdes.
Leur enlèvement est intervenu après une brusque montée de tension dans les provinces kurdes suite à la mort vendredi de deux manifestants kurdes, tués par la police à Yüksekova (sud-est). Les échauffourées avaient été provoquées par des informations faisant état de la destruction de cimetières où étaient enterrés des combattants du PKK.
Le ministre de l'Intérieur, Muammer Güler, a démenti lundi cette information, évoquant une "provocation" de groupes radicaux, mais tout au long du week-end des heurts ont opposé police et manifestants dans les provinces kurdes, surtout à Diyarbakir, faisant une dizaine de blessés.
Lundi, la police anti-émeutes à tiré des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène pour disperser environ 3.000 manifestants kurdes qui ont affronté les forces de l'ordre à Yüksekova, située aux confins des frontières avec l'Iran et l'Irak, a-t-on indiqué de source locale.
Les protestataires ont riposté avec jets de pierre et cocktails Molotov et ont détruit des caméras de surveillance appartenant à la police et des biens publics, a rapporté l'agence Dogan.
A Diyarbakir, la situation était calme et les magasins ont rouvert lundi matin après deux jours de fermeture pour protester contre la violence policière, a constaté un journaliste de l'AFP.
Ankara et le PKK ont engagé il y a un an des pourparlers pour tenter de mettre un terme au conflit kurde, qui a fait plus de 45.000 morts depuis 1984.
Mais ce processus est paralysé après la décision du PKK de suspendre cet automne le retrait de ses rebelles de Turquie pour dénoncer des promesses non tenues du gouvernement.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.