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Turquie: attaque contre le siège d'un parti kurde, pas de victimes


Samedi 18 avril 2015 à 14h26

Ankara, 18 avr 2015 (AFP) — Des inconnus ont ouvert le feu samedi sur le siège de la principale formation kurde de Turquie à Ankara, sans faire de victimes, a annoncé un responsable de ce parti, à l'approche des élections législatives.

"Les assaillants ont tiré au fusil de chasse depuis une voiture sur le siège du parti à 04H05 du matin (01h05 GMT)", a déclaré à l'AFP ce responsable du Parti démocratique du peuple (HDP) qui n'a pas voulu être identifié.

Les gardes assurant la sécurité de l'immeuble ont riposté aux coups de feu et les assaillants ont pris la fuite, a ajouté le responsable. Des balles ont atteint l'immeuble, situé dans le secteur de Cankaya, ainsi que le drapeau turc et le drapeau du parti, selon lui.

Sur son compte Twitter, Sirri Sureyya Onder, un député du HDP, a qualifié l'attaque de "provocation" à l'approche des élections législatives du 7 juin. "Les provocations continuent. Nous ne cèderons pas", a-t-il affirmé.

Le gouvernement turc a également condamné cette attaque contre le siège du HDP. "Des mains sales entrent dans le jeu au moment des élections et essaient de créer un climat de provocation", a déclaré le vice-Premier ministre Yalcin Akdogan à l'agence de presse gouvernementale Anatolie. "D'où qu'elle vienne, nous condamnons toujours la terreur, quelle que soit sa cible", a déclaré M. Akdogan.

La tension est vive à quelques semaines du scrutin. Le HDP espère passer la barre des 10% au niveau national, un score indispensable pour garantir sa représentation au Parlement.

S'il réussit, il privera le parti islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan de sa majorité qualifiée et pourra ainsi l'empêcher de changer la Constitution pour imposer un système présidentiel.

Arrivé troisième de la présidentielle de 2014 avec un peu moins de 10% des voix, le HDP mise sur l'électorat kurde de Turquie --une communauté estimée à 15 millions de personnes soit 20% de la population--, jusque-là largement acquis au Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir depuis 2002.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.