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Syrie: les Kurdes préparent les 1ères élections dans la "région fédérale" (responsable)


Samedi 26 août 2017 à 15h26

Qamichli (Syrie), 26 août 2017 (AFP) — Les autorités kurdes en Syrie ont commencé à préparer la tenue des premières élections locales dans le cadre du système fédéral qu'elles ont mis en place dans le nord du pays, a indiqué samedi à l'AFP une responsable.

Hadiya Youssef, co-présidente de l'assemblée constituante du système fédéral, a tenu samedi une réunion à Qamichli devant des Kurdes, des Arabes, des Syriaques et des représentants d'autres communautés pour les informer de la façon dont se tiendraient les trois phases du processus électoral.

La première phase aura lieu le 22 septembre, selon Mme Youssef, et verra les habitants voter pour des représentants au niveau de leur quartier.

Les élections pour les conseils exécutifs des villes et régions se tiendront le 3 novembre.

Enfin, le 19 janvier 2018, les habitants éliront des conseils législatifs pour chacun des trois cantons (Afrine, Fourat et Jaziré), ainsi qu'une unique assemblée législative.

Chaque canton pourra voter des lois "pourvu que celles-ci ne contredisent pas le +contrat social+", a précisé Mme Youssef.

Fin 2016, les Kurdes s'étaient dotés d'un "contrat social", une Constitution pour la "région fédérale" autonome qu'ils avaient proclamée dans le Nord en janvier de la même année.

Les élus des assemblées législatives auront un mandat de quatre ans, ceux des autres instances de deux ans.

Le régime et l'opposition en Syrie ou encore la Turquie voisine avaient mal accueilli la proclamation de la "région fédérale" en 2016, mettant en garde contre un morcellement du pays.

Mme Youssef s'est défendue samedi de toute velléité de partition de la Syrie, pays déjà morcelé par plus de six ans de guerre.

"Notre système fédéral est géographique et ne vise pas à diviser la Syrie", a-t-elle dit à l'AFP.

En difficulté dans plusieurs régions face à la rébellion, le régime avait retiré ses forces dans le nord et le nord-est du pays en 2012. Depuis, les Kurdes se sont évertués à y créer une région autonome.

Ils sont devenus un acteur incontournable dans le conflit et sont notamment les fers de lance dans la bataille visant à chasser le groupe jihadiste Etat islamique (EI) de la ville de Raqa (nord), son fief dans le pays.

La Turquie, qui qualifie de "terroriste" le principal parti kurde en Syrie, le Parti de l'union démocratique kurde, est par ailleurs vigoureusement opposée au référendum qui doit se tenir le 25 septembre sur l'indépendance du Kurdistan irakien.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.