
Mercredi 1 octobre 2014 à 13h57
Beyrouth, 1 oct 2014 (AFP) — La coalition internationale a mené mercredi des frappes aériennes dans le nord de la Syrie en appui aux forces kurdes engagées dans d'intenses combats pour défendre la ville d'Aïn al-Arab face à l'assaut du groupe Etat islamique, selon une ONG syrienne.
Les jihadistes de l'EI n'étaient plus qu'à 3 km à l'est de la ville appelée Kobané en kurde, près de la frontière turque, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui dispose d'un large réseau de sources civiles, médicales et militaires à travers la Syrie.
"La coalition américano-arabe a mené au moins cinq frappes aériennes contre les positions jihadistes sur la ligne de front à l'est et au sud-est de Kobané", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.
Au moins huit jihadistes ont été tués dans une frappe ayant visé leur char à l'est de la ville, selon l'ONG.
"Des combattants kurdes sur la ligne de front ont vu des corps littéralement projetés en l'air", a indiqué M. Abdel Rahmane.
Malgré les frappes, les jihadistes ont continué à tirer des roquettes comme ils le font depuis quelques jours.
- Combat inégal -
Au moins neuf combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) et un jihadiste de l'EI ont péri dans les combats durant la nuit de mardi à mercredi, selon l'OSDH.
"Bien qu'inférieurs en nombre et en armement, les combattants kurdes refusent de se retirer et défendent farouchement leur ville", selon M. Abdel Rahmane. "C'est pour eux une question de vie ou de mort".
Des centaines de combattants kurdes font face à des milliers de jihadistes, qui disposent en outre de chars, d'artillerie lourde et de lance-roquettes, précise l'ONG.
"Les Kurdes eux sont armés de kalachnikovs, de mitrailleuses lourdes soviétiques DShK et de lance-roquettes RPG", selon M. Abdel Rahmane.
"L'EI a fait amener l'arsenal qu'il a pris à Mossoul et à l'aéroport de Tabqa", a indiqué à l'AFP Anwar Moslem, le responsable de la région d'Aïn Al-Arab.
L'EI avait en effet saisi des armes lourdes à l'armée irakienne lors de la prise de la deuxième ville d'Irak le 10 juin, ainsi qu'à l'aéroport militaire de Tabqa dans le nord de la Syrie d'où les jihadistes ont chassé l'armée de Bachar al-Assad.
"On essaie de les repousser avec l'aide des frappes de la coalition", a ajouté M. Moslem.
S'ils faisaient sauter le verrou d'Aïn al-Arab, les jihadistes contrôleraient une longue bande territoriale continue au nord de la Syrie, le long de la frontière turque.
Leur assaut a entraîné un exode massif de la population, au moins 160.000 personnes ayant traversé la frontière pour se réfugier en Turquie depuis la mi-septembre.
- Milliers de civils encore à Kobané -
"Mais il reste toujours des milliers de civils kurdes à l'intérieur de la ville", précise M. Abdel Rahmane.
Des obus de mortier tirés par l'EI ont atterri très près de la frontière, selon une journaliste de l'AFP au point de passage de Mursitpinar, côté turc. Des ambulances pouvaient être observées en train de transporter des blessés de la Syrie en Turquie.
"Kobane est assiégé de tous les côtés. Les YPG résistent", a indiqué Henanu Muhammed, un habitant de la région d'Aïn al-Arab.
"Les YPG veulent que l'EI s'approche plus près, de façon à ce qu'ils puissent facilement viser les combattants car la milice kurde n'a pas de chars", a-t-il ajouté.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.