Page Précédente

Strasbourg: plus de 8.000 Kurdes manifestent pour la libération d'Öcalan


Samedi 15 février 2014 à 15h22

STRASBOURG, 15 fév 2014 (AFP) — Quelque 8.800 Kurdes, selon la police, 30.000 selon les organisateurs, ont défilé sans incident samedi à Strasbourg pour réclamer la libération du leader du PKK Abdullah Öcalan, emprisonné en Turquie, et des progrès dans l'enquête sur l'assassinat de trois militantes kurdes.

Les Kurdes ont choisi de manifester une nouvelle fois dans la ville du Conseil de l'Europe et du Parlement européen, quinze ans jour pour jour après l'arrestation du chef du Parti des travailleurs du kurdistan (PKK).

Un portrait géant du chef du PKK, tenu par des femmes aux foulards bigarrés, était visible en tête du cortège qui s'est ébranlé vers 11H00 sous une pluie fine, a constaté l'AFP. "Libérez Öcalan", "Indépendance du Kurdistan", scandait la foule des manifestants qui avançaient derrière des banderoles clamant les mêmes slogans.

Venus pour la plupart à bord de bus spécialement affrétés d'Allemagne, de France, de Belgique, des Pays-Bas et de Suisse, les manifestants avaient commencé à se rassembler dès l'aube dans le quartier de la gare.

"Le problème du Kurdistan ne peut être résolu sans (Öcalan). Il est notre symbole et notre leader. Le peuple kurde ne baissera pas les bras", a prévenu Hélène Erin, l'une des organisatrices de la manifestation. Abdullah Öcalan a appelé en mars 2013 ses troupes à un cessez-le-feu pour permettre aux discussions avec Ankara d'aboutir à un règlement pacifique du conflit kurde.

Concernant l'assassinat de trois militantes kurdes à Paris, le 9 janvier 2013, perpétré dans les locaux du Centre d'information kurde (CIK), Hélène Erin a appelé la France "à jouer son rôle" en faisant avancer l'enquête. "Plus il y a du silence de la France, plus le peuple kurde pense que l'Etat français y est pour quelque chose", a-t-elle affirmé.

Le tireur présumé, Ömer Güney, demeure à ce jour le seul mis en examen dans cette enquête antiterroriste.

Les Kurdes d'Europe ont l'habitude de manifester en nombre chaque année à la mi-février à Strasbourg, pour commémorer l'arrestation d'Abdullah Öcalan le 15 février 1999.

Le PKK est considéré comme un mouvement terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis.

En 1984, il a déclenché une rébellion sécessionniste dans le sud-est de la Turquie, région pauvre et sous-développée, peuplée majoritairement de Kurdes. Le conflit a fait plus de 45.000 morts depuis cette date, selon l'armée turque.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.