
Mercredi 28 janvier 2026 à 12h17
Moscou, 28 jan 2026 (AFP) — Le président russe, Vladimir Poutine, reçoit mercredi son homologue syrien, Ahmad al-Chareh, la deuxième rencontre entre les deux dirigeants depuis le renversement en 2024 de Bachar al-Assad, allié du Kremlin, au moment où Moscou cherche à préserver en Syrie ses bases militaires.
La visite du président syrien en Russie, la deuxième en quatre mois, intervient aussi sur fond de craintes des Européens et des Américains d'une résurgence des jihadistes en Syrie, en particulier ceux de l'organisation Etat islamique (EI).
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué mercredi que les négociations se dérouleraient sous la forme d'un déjeuner de travail et d'une "conversation à part" entre les deux dirigeants.
Interrogé par l'AFP sur la question d'une possible extradition de Bachar al-Assad, M. Peskov a affirmé que Moscou "ne comment(ait) pas le sujet Assad". Concernant la présence militaire russe en Syrie, il a aussi décliné tout commentaire en invitant à se tourner pour ce sujet vers le ministère russe de la Défense.
"Mais je ne doute pas que les questions sur la présence de nos militaires en Syrie seront également abordées lors des négociations d'aujourd'hui", a poursuivi Dmitri Peskov.
Ces négociations à Moscou doivent aborder la "coopération bilatérale, en premier lieu dans le domaine économique", ainsi qu'un "échange de points de vue sur la situation dans la région", a-t-il encore dit.
La Russie a retiré cette semaine ses forces et armements de l'aéroport de Qamichli, dans la zone autonome kurde du nord-est du pays, où elle maintenait une petite installation, selon un journaliste de l'AFP sur place.
Moscou y avait déployé ses forces fin 2019, en vertu d'un accord avec la Turquie.
Ce retrait russe intervient alors que les forces kurdes, qui contrôlent toujours Qamichli, ont subi ces dernières semaines un important revers face à l'armée syrienne, à laquelle ils ont dû céder de larges pans du nord et du nord-est de la Syrie.
La Russie a été un allié clé de l'ex-président syrien et est intervenue militairement en Syrie à partir de 2015 en soutien aux forces gouvernementales face aux rebelles et jihadistes, dont faisait partie Ahmad al-Chareh.
Ahmad al-Chareh espère, lui, obtenir une extradition de Bachar al-Assad, réfugié en Russie depuis son éviction du pouvoir.
Le renversement de Bachar al-Assad a porté un coup à l'influence russe au Moyen-Orient, même si le nouveau pouvoir syrien maintient jusqu'à présent des relations cordiales avec Moscou.
Le régime actuel de Damas mène une offensive militaire contre les territoires contrôlés jusqu'ici par la coalition des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominée par les Kurdes.
Mais cette opération a provoqué de grandes incertitudes autour des camps et prisons dans le nord-est du pays, où les FDS gardaient des milliers d'anciens jihadistes de l'EI et leurs famille depuis 2019.
Un cessez-le-feu est actuellement en vigueur et a été prolongé de 15 jours samedi mais les deux camps s'accusent mutuellement de violations.
La France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Etats-Unis ont appelé mardi les forces gouvernementales syriennes et les combattants kurdes à "éviter tout vide sécuritaire" qui serait favorable aux jihadistes de l'EI.
Le président américain, Donald Trump, a ensuite assuré, à l'issue d'un entretien téléphonique avec son homologue syrien, que "tout se pass(ait) très bien".
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.