
Samedi 25 juillet 2015 à 17h23
Istanbul, 25 juil 2015 (AFP) — Les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont jugé samedi que les conditions du cessez-le-feu décrété en 2013 dans le conflit qui l'oppose à la Turquie n'existaient plus après les frappes aériennes turques de la nuit, qualifiées d'"agression".
"Les conditions du maintien du cessez-le-feu ont été rompues (...) face à ces agressions, nous avons le droit de nous défendre", ont écrit les Forces de défense du peuple (HPG), l'aile militaire du PKK, dans une déclaration sur leur site internet.
Dans la nuit de vendredi à samedi, l'armée de l'air turque a bombardé sept positions du PKK, abris, hangars ou lieux de stockage de munitions dans les monts Kandil, sa base arrière de l'extrême nord de l'Irak.
Cette attaque a fait un mort et trois blessés parmi les combattants du PKK, selon sa déclaration.
Le gouvernement islamo-conservateur turc a ordonné ces frappes après une série d'attaques attribuées ces derniers jours à des militants proches du PKK contre des membres des forces de sécurité turques.
Le mouvement kurde a ainsi revendiqué mercredi l'assassinat de deux policiers dans la ville de Ceylanpinar (sud-est), à la frontière avec la Syrie, en représailles à l'attentat suicide de Suruç (sud), attribué au groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a fait 32 morts et une centaine de blessés parmi de jeunes militants de la cause kurde.
Le régime du président Recep Tayyip Erdogan a engagé à l'automne 2012 des discussions de paix avec le chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, pour tenter de mettre un terme à la rébellion qui a fait 40.000 morts depuis 1984. Ce processus n'a abouti à aucun accord.
"L'histoire retiendra la date du 24 juillet comme étant celle où Erdogan et son gouvernement de l'AKP (Parti de la justice et du développement) ont commis leur plus grave erreur politique et militaire", a conclu le PKK dans sa déclaration.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.