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Irak: plus de 2.200 détenus de l'EI transférés depuis la Syrie


Samedi 7 février 2026 à 15h25

Bagdad, 7 fév 2026 (AFP) — Plus de 2.200 membres présumés de l'organisation Etat islamique (EI), qui étaient détenus en Syrie, ont été transférés en Irak dans le cadre d'une opération américaine lancée en janvier, a rapporté samedi un responsable irakien auprès de l'AFP.

Au total, quelque 7.000 de ces détenus doivent être transférés vers l'Irak par l'armée américaine, qui avait dit le mois dernier vouloir s'assurer qu'ils restent dans des "centres de détention sécurisés", après que les Kurdes qui contrôlaient jusqu'ici leurs prisons aient cédé du terrain face aux forces de Damas.

"L'Irak a reçu 2.225 terroristes par voies terrestre et aérienne depuis la Syrie en coordination avec la coalition internationale", antijihadiste dirigée par Washington depuis 2014, a déclaré à l'AFP Saad Maan, chef de la Cellule d'information sécuritaire, rattachée au bureau du Premier ministre.

Ils se trouvent désormais dans des centres sécurisés, a-t-il ajouté.

Bagdad avait annoncé plus tôt cette semaine avoir ouvert des enquêtes sur plus de 1.300 prisonniers transférés de Syrie.

Les tribunaux irakiens ont par le passé condamné à la peine de mort et à la prison à vie des centaines de membres de l'EI, incluant de nombreux combattants étrangers, dont certains avaient été transférés de Syrie.

L'Irak a déjà été épinglé pour des centaines de procès qualifiés d'expéditifs, des aveux obtenus sous la torture ou une représentation juridique inefficace, selon des défenseurs des droits humains.

Les détenus transférés comprennent des Syriens, des Irakiens et des Européens, ainsi que d'autres nationalités, selon plusieurs sources de sécurité irakiennes.

Bagdad veut que les pays d'origine des détenus étrangers les rapatrient, mais se heurte aux réticences des capitales concernées.

Leur transfert "à leurs pays d'origine débutera lorsque les formalités légales seront terminées", a assuré M. Maan à l'agence de presse irakienne INA, sans plus de précisions.

En 2014, l'EI s'était emparé de vastes territoires en Syrie et en Irak, commettant des massacres et réduisant des femmes et des filles en esclavage sexuel.

Appuyé par la coalition menée par les Etats-Unis, l'Irak a proclamé la défaite du groupe en 2017. En Syrie, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont défait l'EI deux ans plus tard.

Samedi, un photographe de l'AFP a vu près de Qamichli, ville à majorité kurde du nord-est de la Syrie, un convoi militaire américain et 11 bus aux fenêtres teintées.

Une source militaire kurde a confirmé à l'AFP que le transfert de détenus se poursuivait "sous la protection des forces de la coalition".

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.