
Jeudi 9 octobre 2014 à 13h19
Istanbul, 9 oct 2014 (AFP) — Les violentes émeutes prokurdes qui ont secoué la Turquie depuis lundi soir constituent une tentative de "sabotage" des fragiles pourparlers de paix engagés entre le pouvoir et la rébellion kurde, a dénoncé jeudi le président Recep Tayyip Erdogan.
"Il est tout à fait évident que ce jeu est destiné à saboter le climat pacifique qui règne dans l'est et dans le sud-est, le processus de paix et notre fraternité", a déclaré M. Erdogan dans un communiqué.
"Mais nous ne tolérerons pas le moindre acte de menace ou d'intimidation qui menace la paix en Turquie, sa stabilité et sa sécurité et nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour combattre tous ceux qui commettent de tels actes d'intolérance", a ajouté le chef de l'Etat dans sa première réaction depuis le début des violences.
Ces violences sans précédent ces dernières années ont débuté lundi soir, après un appel lancé par le principal parti kurde du pays à manifester contre le refus du gouvernement de venir en aide militairement à la ville frontalière kurde de Syrie Kobané, assiégée par les jihadistes du groupe Etat islamique.
Les incidents ont été particulièrement violents mardi et ont souvent dégénéré en affrontements entre militants proches des rebelles kurdes turcs du Parti des travailleurs du Kurdistan (NKK) et des partisans de mouvements islamistes ou islamistes.
Selon le dernier bilan cité jeudi par les médias turcs, ces affrontements ont fait au moins 22 morts, de très nombreux blessés et d'importants dégâts matériels.
Les rebelles kurdes turcs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont averti que la chute de Kobané (Aïn al-Arab en langue arabe) signifierait la fin du processus de paix engagé avec Ankara il y a deux ans pour mettre fin au confit qui dure depuis 1984.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.