
Mardi 2 juillet 2013 à 13h26
STRASBOURG (Conseil de l'Europe), 02 juil 2013 (AF — La Turquie a été condamnée mardi par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) à verser un total de 325.000 euros pour préjudice moral aux parents de cinq jeunes soupçonnés d'appartenir au PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), tués par l'armée.
Leurs enfants, âgés de 13 à 24 ans, avaient été tués en 2005 par des soldats dans le sud-est de la Turquie.
A l'issue de l'enquête menée sur les faits, les autorités d'Ankara avaient conclu que ces jeunes gens étaient "des terroristes membres du PKK, qu'ils avaient ouvert le feu sur les soldats et qu'ils avaient été tués dans l'échange de tirs qui s'était ensuivi", selon le communiqué de la CEDH, qui siège à Strasbourg.
Les requérants soutenaient au contraire que l'usage de la force contre leurs enfants avait été excessif et que, si elle avait été menée correctement, notamment en relevant des échantillons des résidus de poudre, "l'enquête aurait montré que leurs enfants étaient désarmés et ne pouvaient donc pas avoir fait feu sur les soldats".
Les juges de Strasbourg, admettant cette version, ont retenu la violation du "droit à la vie", principe de base de la Convention européenne des droits de l'homme. Ils ont également critiqué une "enquête ineffective".
Ils ont condamné en conséquence l'Etat turc à verser 65.000 euros pour préjudice moral à chacun des cinq requérants.
Dans une affaire distincte, les juges européens ont aussi condamné la Turquie à verser 19.500 euros pour "mauvais traitement" et enquête ineffective à un homme de 59 ans, Mustafa Aldemir, résidant lui aussi dans le sud-est de la Turquie.
L'homme se plaignait de son invalidité partielle après avoir essuyé les tirs de militaires embusqués l'ayant confondu avec un terroriste, fin 2005.
Fin 2006, la justice militaire avait rendu à son sujet une ordonnance de non-lieu. Elle avait souligné que le lieutenant en cause avait tiré "dans l'unique but de se défendre ainsi que les autres soldats, le parapluie du requérant ayant notamment été confondu avec une arme en raison des mauvaises conditions climatiques".
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.