
Dimanche 26 juillet 2015 à 10h20
Diyarbakir (Turquie), 26 juil 2015 (AFP) — Deux soldats ont été tués et quatre ont été blessés samedi soir par une voiture piégée qui a visé un convoi militaire dans la province à majorité kurde de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, a-t-on appris de sources officielles.
Cette attaque n'a pas été immédiatement revendiquée mais intervient alors que les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont menacé de rompre la trêve en vigueur avec Ankara après les frappes aériennes menées vendredi et samedi par l'armée turque sur des camps du PKK dans le nord de l'Irak.
Dans une déclaration publiée sur son site internet, l'état-major de l'armée turque a attribué l'attaque à "l'organisation terroriste et séparatiste", le terme traditionnellement utilisé par les autorités turques pour désigner le PKK.
Selon le commandement militaire, la voiture piégée a explosé à l'arrivée d'un convoi de blindés d'une unité d'élite de la gendarmerie en renfort d'autres gendarmes intervenus après l'incendie de trois véhicules sur une route dans le district de Lice.
Deux sous-officiers ont été tués par la déflagration qui a retourné leur véhicule blindé.
"Une vaste opération a été lancée dans la région pour retrouver les auteurs de cette attaque haineuse", a précisé de son côté le gouvernorat de Diyarbakir.
Le PKK a qualifié samedi d'"agression" les bombardements menés par l'armée turque sur ses bases arrières et estimé qu'ils avaient "rompu les conditions du cessez-le-feu" entre ses combattants et les forces de sécurité turques qui tenait depuis mars 2013.
Le gouvernement islamo-conservateur turc a ordonné ces frappes après une série d'attaques attribuées ces derniers jours à des militants proches du PKK contre des policiers.
Le mouvement kurde a revendiqué mercredi l'assassinat de deux policiers dans la ville de Ceylanpinar (sud-est), à la frontière avec la Syrie, en représailles à l'attentat suicide de Suruç (sud), attribué au groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a fait 32 morts et une centaine de blessés parmi de jeunes militants de la cause kurde.
Le régime du président Recep Tayyip Erdogan a engagé à l'automne 2012 des discussions de paix avec le chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, pour tenter de mettre un terme à la rébellion qui a fait 40.000 morts depuis 1984. Ce processus n'a jusque-là abouti à aucun accord.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.