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Syrie: l'évêque d'Hassaké dénonce le blocus à la frontière turque


Mercredi 25 février 2015 à 10h34

Cité du Vatican, 25 fév 2015 (AFP) — La Turquie empêche les habitants chrétiens de la région de Hassaké (nord-est de la Syrie) de fuir par sa frontière, tout en permettant aux jihadistes de la franchir, a accusé mercredi sur Radio Vatican Mgr Jacques Behnan Hindo, l'évêque syro-catholique d'Hassaké.

Des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont attaqué deux villages chrétiens sous contrôle des forces kurdes et enlevé 90 habitants dans cette région, a rapporté mardi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Tous les jours, des familles émigrent par Damas" par avion, en raison du "blocus que nous avons tout autour de nous", a-t-il relevé, en soulignant l'efficacité de la stratégie de "terreur" que contient la propagande de l'EI répercutée en boucle par les télévisions occidentales que regardent les habitants de la région.

"Au nord, la Turquie laisse passer les camions, les troupes de Daech (acronyme arabe de l'EI), le pétrole volé à la Syrie, le blé, le coton: tout cela peut passer la frontière, mais personne (de la communauté chrétienne) ne peut passer", a-t-il déploré.

Le prélat a espéré que l'offensive de l'EI serait bientôt finie, "parce que les Kurdes se renforcent pour aller les combattre".

L'évêque a aussi dénoncé le fait que "la Croix-Rouge fournit de l'argent au Croissant-Rouge", affirmant que "le Croissant-Rouge ne donne absolument rien aux chrétiens, même pas un milliardième de ce qu'il reçoit".

"Jusqu'à maintenant, depuis quatre ans, a-t-il insisté, le Croissant-Rouge n'a rien donné aux chrétiens. Les responsables du Croissant-Rouge sont tous des frères musulmans ou apparentés", a-t-il dit.

La seule aide pour les chrétiens de la région provient, a-t-il dit, de l'Oeuvre d'Orient, du Vatican ou de la Congrégation des Eglises d'Orient du Vatican.

Il a affirmé en revanche que l'organisation Caritas "donne aux chrétiens, aux musulmans, à tout le monde".

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.