
Mardi 23 septembre 2014 à 15h54
Ankara, 23 sept 2014 (AFP) — Le chef rebelle kurde de Turquie, Abdullah Öcalan, s'est joint mardi à l'appel aux kurdes lancé par son mouvement armé PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) pour "une résistance générale" en Syrie contre les jihadistes, a rapporté l'agence prokurde Firat.
"J'appelle tout le peuple kurde à entamer une résistance générale contre cette guerre de grande envergure", a dit Öcalan à ses avocats qui lui rendent régulièrement visite sur l'île d'Imrali, dans le nord-ouest de la Turquie, où il purge une peine à vie depuis 1999 pour "terrorisme".
Le chef historique du PKK exhorte en outre les peuples kurdes à "définir leur vie en ligne avec la guerre qui se poursuit actuellement au Kurdistan".
Près de 140.000 personnes, selon un dernier chiffre fourni mardi de source officielle turque, ont fui depuis vendredi en Turquie devant la percée dans le nord-est syrien du groupe Etat islamique (EI), qui bute sur la résistance kurde autour de la ville stratégique d'Aïn al-Arab (Kobané en kurde).
Le PKK avait appelé lundi les kurdes de Turquie mais aussi les populations kurdes des pays avoisinants à prendre les armes pour aller combattre les extrémistes sunnites.
Les Etats-Unis aidés de leurs alliés arabes ont pour la première fois attaqué mardi les jihadistes en Syrie, ouvrant un nouveau front dans la guerre contre ce groupe ultraradical cible de frappes en Irak.
La Turquie mène depuis 2012 des négociations avec le PKK pour une solution pacifique à une guerre larvée qui a coûté la vie à plus de 40.000 personnes depuis 1984, un processus qui peine toutefois à avancer.
Sur ce point, le chef militaire du PKK, Murat Karayilan, a affirmé lundi depuis un camp retranché du mouvement armé situé dans le nord de l'Irak, que le processus de paix était terminé, accusant Ankara de collaborer avec l'EI, ce que la Turquie nie.
"Le processus de paix a pris fin avec l'attaque sur Kobané mais c'est Öcalan qui aura le dernier mot", a affirmé Karayilan, cité par Firat.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.