
Lundi 22 septembre 2014 à 12h13
Ankara, 22 sept 2014 (AFP) — Plus de 130.000 Kurdes de Syrie sont arrivés en Turquie ces quatre derniers jours, fuyant les jihadistes dans le nord-est de la Syrie, au moment où le mouvement kurde turc PKK a appelé les Kurdes de Turquie à traverser la frontière pour les combattre.
"Le nombre de Syriens a dépassé 130.000" et leur nombre pourrait augmenter si l'offensive des extrémistes sunnites se poursuit a déclaré lundi à Ankara le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus.
"Nous avons pris toutes les mesures nécessaires au cas où l'afflux de déplacés se poursuivrait, nous ne le souhaitons évidemment pas, mais nous sommes parés", a-t-il dit en souhaitant que ces réfugiés puissent retourner dans leurs foyers quand la paix sera rétablie.
Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a confirmé ce chiffre à Genève.
"Je peux confirmer que le gouvernement a enregistré 130.000 personnes qui ont fui Kobané (nom kurde de la localité d'Aïn al-Arab, nord-est de la Syrie) dans les derniers jours", a indiqué à l'AFP le porte parole du HCR Melissa Fleming.
Elle a expliqué que "le nouveau chiffre provient d'une compilation de nouvelles arrivées pendant la nuit et d'un processus d'enregistrement dans les villes comme Sanliurfa, Gaziantep, Nizip, Birecik, Diyarbakir et Mersin (sud-est de la Turquie), où ils ont trouvé refuge", parlant de passages depuis neuf postes frontaliers.
La porte-parole a indiqué que beaucoup de réfugiés restaient avec leur parents et amis mais aussi dans des abris fournis par les autorités turques notamment des écoles et bâtiments publics.
A Ankara, un responsable turc a indiqué à l'AFP que "trois points de passage" étaient ouverts lundi en début d'après-midi pour les réfugiés à la frontière turco-syrienne. Plus tôt la Direction de gestion des crises et catastrophes naturelles (AFAD) avait précisé à l'AFP que les passages n'étaient effectués que sur un seul point, celui de Mursitpinar, dans la province de Sanliurfa (sud-est).
Samedi, le HCR avait évoqué l'arrivée possible de "centaines de milliers" de personnes.
La Turquie partage une longue frontière de 900 km avec la Syrie.
- La Turquie prête pour le pire des scénarios -
La Turquie, qui a déjà accueilli 1,5 million de personnes fuyant la guerre en Syrie depuis 2011, a ouvert vendredi sa frontière aux Syriens qui ont commencé à quitter jeudi Aïn al-Arab, encerclée par les combattants du groupe extrémiste sunnite EI.
Aïn al-Arab, troisième ville kurde de Syrie, avait été relativement épargnée par le conflit en Syrie et quelque 200.000 déplacés syriens y avaient trouvé refuge, selon l'ONU.
Mais la poussée de l'EI dans région et le siège que ses combattants ont imposé à la ville ont fait fuir un grand nombre d'habitants, principalement des Kurdes.
De son côté, le mouvement armé kurde de Turquie, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a appelé lundi les Kurdes de Turquie à combattre les jihadistes en Syrie, a rapporté l'agence prokurde Firat.
"Le jour de gloire et d'honneur est arrivé. Il n'existe plus aucune limite dans la résistance", écrit le PKK en renouvelant un appel à la "mobilisation" des jeunes Kurdes de Turquie contre les jihadistes. "Nous appelons notre peuple tout entier ainsi que nos amis à augmenter leur résistance au Kurdistan et à Kobané".
Cité par l'agence Firat, un dirigeant du PKK, Dursun Kalkan, a appelé "tous les Kurdes à réunir leur forces" pour combattre l'EI. "La jeunesse kurde surtout, les femmes, doivent contrecarrer ces attaques", a déclaré M. Kalkan tout en accusant la Turquie de "collaboration" avec l'EI et d'avoir des visées territoriales en Irak et en Syrie.
La Turquie dément tout soutien aux jihadistes qui ont retenu en otage 46 de ses citoyens dans le nord de l'Irak, pendant plus de trois mois, avant de les libérer samedi.
Des affrontements ont éclaté dimanche près de la frontière entre les forces de sécurité turques et des centaines de jeunes Kurdes qui manifestaient leur soutien aux réfugiés.
burs-BA/abk
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.