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Jihadistes: la Turquie craint que les armes fournies à l'Irak renforcent le PKK (ministre)


Lundi 8 septembre 2014 à 10h31

Ankara, 8 sept 2014 (AFP) — La Turquie craint que les armes fournies aux forces irakiennes et kurdes en Irak par l'Occident pour contrer les jihadistes de l'Etat Islamique (EI) ne tombent aux mains des rebelles kurdes de Turquie, a affirmé lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Les armes qui vont là-bas (Irak) ne doivent pas tomber entre les mains des organisations terroristes", a indiqué Mevlüt Cavusoglu dans un entretien accordé à l'agence de presse gouvernementale Anatolie.

"Nous avons exprimé notre sensibilité sur ce point (...) il sera difficile de contrôler la destination de toutes ces armes", a-t-il ajouté.

La Turquie, qui négocie une paix avec les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) depuis 2012, considère ce mouvement armé comme une organisation terroriste, ainsi que bon nombre d'autres pays.

La fourniture d'armes à l'Irak, notamment aux combattants kurdes qui luttent contre l'EI dans le nord de l'Irak, frontalier de la Turquie, doit être évoquée par le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel lors de sa visite à Ankara, a-t-on souligné de source diplomatique.

Le président américain Barack Obama doit présenter mercredi son "plan d'action" contre l'EI, qui ne comprendra pas l'envoi de troupes au sol mais un soutien aux forces irakiennes et kurdes en première ligne face au jihadistes sunnites de l'EI, notamment par le biais de frappes aériennes.

Hostile au régime du président syrien Bachar al-Assad, le gouvernement islamo-conservateur turc est accusé d'avoir soutenu certains des groupes les plus radicaux qui combattent l'armée syrienne.

Ankara a toujours nié avoir fourni des armes ou un quelconque soutien à ces groupes.

La formation à l'initiative de Washington d'une coalition internationale contre l'EI embarrasse la Turquie, dont 49 ressortissants sont détenus en otage par les jihadistes depuis la prise de leur consulat général à Mossoul (Irak) en juin.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.