
Mardi 12 août 2014 à 18h26
Bruxelles, 12 août 2014 (AFP) — La Commission européenne a débloqué mardi cinq millions d'euros supplémentaires d'aide aux populations déplacées en Irak et réfléchit aux moyens de coordonner l'aide humanitaire, mais certains pays souhaitent fournir des armes aux Kurdes irakiens opposés aux jihadistes dans le nord du pays.
"Ce que nous voulons, c'est prêter main forte à des centaines de milliers d'Irakiens y compris les groupes minoritaires déplacés dans les montagnes de Sinjar", a déclaré mardi la commissaire chargée de l'Aide humanitaire, Kristalina Georgieva.
L'aide de la Commission pour l'Irak s'élève désormais à un total de 17 millions d'euros en 2014.
L'avancée des jihadistes en Irak a jeté des centaines de milliers de personnes sur les routes, notamment des chrétiens chassés de Mossoul et de Qaraqosh, mais aussi des dizaines de milliers de membres de la minorité kurdophone et non musulmane des Yazidis.
De 20.000 à 30.000 membres de cette communauté restent piégées par l'insécurité dans les montagnes de Sinjar, sans nourriture, sans eau et sans abri, selon le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés.
"Nous voulons aider les populations déplacées", a insisté la commissaire, qui brigue le poste de chef de la diplomatie européenne, en remplacement de Catherine Ashton. Elle a précisé que le principal problème était l'accès aux populations concernés et non le financement de l'aide.
"N'oublions pas que le Kurdistan abrite des réfugiés syriens, une aide sera aussi nécessaire pour cette population", a-t-elle ajouté.
Une réunion des ambassadeurs de l'UE a été organisée pour coordonner les actions en Irak, mais également en Ukraine et dans la bande de Gaza. Aucune décision n'était attendue, mais elle a permis un échange de vues entre Etats membres de l'UE sur ces crises.
La France et l'Italie plaident pour une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères des 28 pour parler de la livraison éventuelle d'armements aux Kurdes irakiens opposés aux jihadistes.
"Je sais bien que dans les pays occidentaux c'est la période des vacances mais enfin quand il y a des gens qui meurent, j'allais dire qui crèvent, il faut revenir de vacances", s'est exclamé mardi matin le ministre français, Laurent Fabius.
"Aucun pays n'est contre mais certains ont des réserves logistiques en l'absence de leur ministre cette semaine", a expliqué un diplomate. "Tout le monde est d'accord pour organiser cette réunion, mais uniquement s'il y a matière", souligne une seconde source.
La question de la livraison d'armes est "la plus complexe et la plus sensible" selon un expert. "Personne ne peut empêcher un Etat de livrer des armes, mais la question est de savoir s'il est opportun pour l'UE de répondre favorablement à cette demande?", souligne-t-il. La France milite pour, la Suède s'y oppose catégoriquement.
En attendant, les ambassadeurs se sont mis d'accord mardi pour renforcer la coordination humanitaire et en confier les rênes à la Commission européenne, selon une source européenne.
L'exécutif européen dispose d'un mécanisme de protection civile qui soutient et facilite la mobilisation des services de secours pour répondre aux besoins immédiats des pays frappés par une catastrophe ou qui risquent d'en subir une.
En déclenchant un tel mécanisme, "on pourrait mobiliser une aide en nature et l'apporter de manière coordonnée", a expliqué la commissaire Georgieva. "Les Etats membres peuvent aussi nous demander de cofinancer les coûts de transports humanitaires, car la Commission n'a pas ces équipements", a-t-elle souligné.
La Hongrie a, elle, demandé que le sort des chrétiens d'Irak soit évoqué lors du prochain sommet européen fin août, selon un courrier du Premier ministre Viktor Orban envoyé mardi au président du Conseil, Herman Van Rompuy.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.