
Jeudi 27 février 2014 à 16h45
PARIS, 27 fév 2014 (AFP) — La cour d'appel de Paris a annulé mercredi une enquête sur un trafic d'armes reproché à un militant kurde qui criait au "complot politique", une décision rare en matière antiterroriste, ont annoncé à l'AFP des sources concordantes.
Cette annulation est venue sanctionner une procédure "scandaleuse et inquiétante", selon Me Antoine Comte, l'avocat d'Adem Uzun, qui disait avoir été piégé en raison de son engagement pour la cause kurde.
M. Uzun affirme avoir participé au processus de discussion engagé à Oslo entre 2009 et 2011 par Ankara pour trouver une issue à la rébellion armée du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui perdure depuis 1984. Ces négociations avaient échoué, mais de nouveaux pourparlers de paix ont été lancés à l'automne 2012.
Le sort d'Adem Uzun avait basculé le 6 octobre 2012 lorsque la police l'avait interpellé dans une brasserie parisienne de Montparnasse, où il se trouvait en compagnie d'un homme d'affaires kurde et d'un troisième homme, "Antoine".
Ce dernier était en fait un policier infiltré, et les deux Kurdes ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme".
Car pour l'antiterrorisme, ce rendez-vous avait pour objet l'achat de missiles antichar Milan, un projet que M. Uzun a toujours catégoriquement réfuté.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.