
Jeudi 9 janvier 2014 à 16h04
PARIS, 09 jan 2014 (AFP) — Environ deux cents personnes se sont rassemblées jeudi devant le centre d'information du Kurdistan à Paris, où ont été assassinées le 9 janvier 2013 trois militantes kurdes, pour exiger "vérité" et "justice".
"Ca fait 365 jours, 365 jours d'attente", a déploré une militante, Berival Akyol, devant l'immeuble du 10e arrondissement où ont été retrouvées mortes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez. De nombreuses couronnes de fleurs jaunes et rouges avaient été déposées.
"Nous réclamons vérité et justice pour que les commanditaires de ce lâche assassinat soient arrêtés et jugés", a-t-elle poursuivi, estimant que "toutes les informations pointent la Turquie du doigt".
"365 jours après, nous attendons toujours la vérité. Trouvez les responsables" proclamait une banderole. Certains brandissaient des portraits des jeunes femmes, d'autres d'Abdullah Öcalan, chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Dans cette affaire, un homme, Ömer Güney, a été arrêté huit jours après l'assassinat des militantes, et mis en examen le 21 janvier pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste".
Plusieurs hypothèses ont été évoquées pour expliquer ce triple homicide: règlement de comptes interne au sein de la mouvance kurde dans un contexte d'ouverture de pourparlers de paix entre le PKK et Ankara, acte du mouvement turc d'extrême droite des "Loups Gris", assassinat politique (thèse privilégiée dans la mouvance kurde), voire crime crapuleux ou différend personnel.
Les associations kurdes rassemblées jeudi dénoncent pour leur part un "crime politique".
"Un an est passé et depuis que la piste du règlement de compte a fait long feu, les voix se sont tues. Tout au plus entend-on côté palais de justice que +l'enquête suit son cours+ et côté ministère de la Justice que c'est une affaire +sensible+", a déclaré jeudi Claire Renklicay, co-présidente de la Fédération des associations kurdes de France.
Mme Renklicay souhaite "un geste fort du président de la République": qu'il reçoive les familles des victimes et demande "des comptes au gouvernement turc lors de son prochain voyage en Turquie fin janvier".
"L'instruction continue. On nous dit qu'elle va continuer encore un certain temps", a commenté à l'AFP Metin Cansiz, frère de Sakine, venu des Pays-Bas. "Nous avons encore espoir que ce crime soit élucidé", a-t-il poursuivi, mais dans le cas contraire "la France sera responsable".
Une manifestation est prévue samedi à Paris.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.