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Turquie: trois journalistes allemands arrêtés samedi remis en liberté


Lundi 13 octobre 2014 à 10h23

Istanbul, 13 oct 2014 (AFP) — Trois journalistes allemands qui avaient été arrêtés samedi soir par la police turque en marge d'une manifestation prokurde à Diyarbakir (sud-est) ont été remis en liberté lundi au petit matin, a-t-on appris auprès de l'ONG Reporters sans frontières (RSF) en Turquie.

Les trois photographes, Björn Kietzmann, Ruben Martin Neugebauer et Christian Grodotzki, doivent être entendus dans la matinée par un procureur de la ville, a précisé RSF à l'AFP.

"Après plus de trente heures de détention, nous avons été remis en liberté la nuit dernière. Le procureur va décider de notre éventuelle expulsion aujourd'hui", a écrit un des trois journalistes, Chris Grodotzki, sur son compte Twitter.

Les trois journalistes allemands ont été arrêtés samedi soir à l'issue d'une manifestation de quelques dizaines de militants kurdes dans les rues de Diyarbakir, considérée comme la capitale kurde de la Turquie, et placés en garde à vue dans les locaux de la police antiterroriste de la ville pour y être interrogés.

L'organisation kurde basée en Allemagne Civaka Azad avait indiqué dimanche que la police turque reprochait aux trois photographes, qui possèdent des cartes de presse allemande et internationale, d'être des "espions" et des "agents provocateurs".

Les trois journalistes travaillent comme pigistes pour plusieurs médias allemands, notamment l'agence allemande Action Press, quotidiens allemands Berliner Morgenpost et Taz, ainsi qu'au magazine Greenpeace.

De violentes manifestations pro-kurdes ont agité cette semaine la Turquie, notamment sa partie sud-est à majorité kurde, pour dénoncer le refus du gouvernement d'Ankara de venir militairement en aide à la ville frontalière syrienne de Kobané, peuplée en majorité de Kurdes, assiégée par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Selon le dernier bilan cité par les médias turcs, ces émeutes ont fait au moins 34 morts et plus de 350 blessés.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.