Samedi 26 janvier 2008 à 23h28
ISTANBUL, 26 jan 2008 (AFP) — Un général en retraite turc et un avocat connu ont été inculpés et écroués samedi pour leur rôle dans un réseau ultra-nationaliste qui avait l'intention de tuer le Prix Nobel de littérature 2006 Orhan Pamuk et des personnalités politiques kurdes, a annoncé l'agence Anatolie.
Les chefs d'accusation frappant les deux hommes n'ont pas été immédiatement précisés. L'enquête est menée dans le cadre d'une loi qui restreint la couverture médiatique de tels événements.
Le général en retraite Veli Küçük, personnalité connue des milieux ultra-nationalistes, avait été accusé de meurtres de Kurdes dans les années 90, mais il n'a jamais été jugé.
De son côté, Kemal Kerinçsiz, avocat d'extrême droite, est à l'origine des poursuites pénales lancées à l'encontre de Pamuk et de plusieurs intellectuels pour avoir nié la version officielle qui fait état de massacres d'Arméniens sous l'Empire ottoman, la Turquie rejetant catégoriquement le terme de génocide.
Les deux hommes ont été écroués en même temps que six autres suspects dont un colonel en retraite et un bandit connu dans le pays, selon Anatolie.
Ces arrestations portent à 13 le nombre de suspects encore incarcérés après l'interpellation de 33 personnes en début de semaine. L'enquête a été déclenchée par la découverte de grenades et de détonateurs dans une maison d'Istanbul en juin.
Selon les médias turcs, les suspects voulaient assassiner M. Pamuk, le journaliste pro-islamiste Fehmi Koru et des personnalités politiques kurdes telles Leyla Zana, Osman Baydemir et Ahmet Türk.
La police enquêterait aussi sur l'implication de ces suspects dans des assassinats politiques, dont celui du journaliste arméno-turc Hrant Dink, celui du prêtre catholique italien Andrea Santoro et d'un magistrat de haut rang.
Les médias lient le réseau ultra-nationaliste à l'"Etat profond", terme qui désigne des mouvances au sein des forces de sécurité qui agiraient dans l'illégalité en pensant ainsi préserver les intérêts de l'Etat turc.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.