Lundi 25 septembre 2006 à 16h32
ANKARA, 25 sept 2006 (AFP) — Les rebelles séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit) ont tué un soldat lors de combats dans le sud-est de la Turquie et revendiqué l'attentat à la bombe qui a fait 17 blessés samedi soir dans le nord-est du pays, a-t-on appris lundi.
Les affrontements ont eu lieu tard dimanche lors d'une opération de sécurité dans la province de Mardin, riveraine de la Syrie, ont affirmé des sources locales qui ont indiqué que le soldat avait succombé à ses blessures lundi à l'hôpital.
Le PKK a revendiqué lundi un attentat survenu samedi soir devant une résidence de la police à Igdir, près de la frontière arménienne, qui a fait 17 blessés dont deux graves.
"L'attaque à la bombe contre la maison d'hôtes de la police le soir du 23 septembre a été menée par nos unités de guérilla" indique un bref communiqué placé sur le site internet de la branche armée du PKK.
L'explosion s'était produite dans un poids lourd stationné en face d'un bâtiment de la police.
Igdir n'est pas une province majoritairement peuplée de Kurdes, ni une zone où opèrent traditionnellement les rebelles séparatistes kurdes du PKK qui sont actifs plus au sud, dans des zones frontalières avec l'Iran, l'Irak et la Syrie.
Le PKK a également revendiqué le déraillement d'un train de fret samedi à Palu, dans l'est de la Turquie, à la suite de l'explosion d'une mine posée sur la voie.
La police a de son côté saisi environ neuf kilogrammes d'explosifs et dix détonateurs à Izmir, dans l'ouest du pays, présumément destinés à servir à des attaques de la guérilla kurde dans les stations balnéaires de la mer Egée, selon l'agence de presse Anatolia.
Le PKK, qui lutte pour l'indépendance du Sud-Est de la Turquie et est considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis, a multiplié ses opérations cette année, contre les forces de sécurité mais aussi contre des cibles civiles.
Un porte-parole du gouvernement de Bagdad a toutefois fait savoir à la télévision turque que le président irakien Jalal Talabani, un Kurde, s'attendait à ce que le PKK appelle bientôt au cessez-le-feu, après une rencontre avec des chefs de la guérilla dans le nord de l'Irak.
Le conflit kurde en Turquie a fait plus de 37.000 morts depuis le déclenchement de l'insurrection du PKK en 1984.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.