
Mercredi 8 avril 2015 à 09h47
Diyarbakir (Turquie), 8 avr 2015 (AFP) — Un procureur turc a requis mercredi l'acquittement d'une journaliste néerlandaise qui était poursuivie pour "propagande terroriste" en faveur des rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), au premier jour de son procès à Diyarbakir (est).
"Le procureur vient de requérir mon acquittement, mon avocat a dit qu'il s'en satisferait", a écrit son compte Twitter l'accusée, Fréderike Geerdink.
Le juge a annoncé que le jugement serait rendu dans ce dossier le 13 avril. "Le juge principal n'est pas à l'audience, donc le juge qui siège aujourd'hui n'est pas autorisé à m'acquitter. Ce sera officiel lundi", a expliqué la journaliste, confiante.
Elle risquait une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement.
Le 6 janvier dernier, Fréderike Geerdink avait été interrogée et son domicile perquisitionné par la police antiterroriste turque pour avoir publié sur les réseaux sociaux des messages assimilés par les autorités à de la "propagande en faveur d'une organisation terroriste".
Elle a nié à plusieurs reprises les accusations lancées contre elle. "Je n'ai jamais commis aucun crime dans mes articles, comme appeler à la violence", a-t-elle plaidé mercredi à la barre du tribunal de Diyarbakir, la "capitale" kurde de Turquie.
Considéré comme une organisation terroriste par Ankara, le PKK mène depuis 1984 une rébellion contre l'armée turque qui a fait plus de 40.000 tués. Le gouvernement islamo-conservateur turc a engagé à l'automne 2012 avec les rebelles des pourparlers de paix qui n'ont pour l'heure pas abouti.
Journaliste indépendante, spécialiste de la minorité kurde, Fréderike Geerdink vit depuis 2006 en Turquie, d'où elle assure la correspondance de médias néerlandais et étrangers.
La Turquie est régulièrement épinglée par les ONG de défense des journalistes pour ses atteintes à la liberté de la presse. De nombreux journalistes turcs sont poursuivis ou détenus pour leurs liens avec la cause kurde.
Le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan rejette ces critiques et répète que les médias en Turquie sont "plus libres que partout ailleurs dans le monde".
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.