Mercredi 30 juin 2010 à 15h40
ERBIL (Irak), 30 juin 2010 (AFP) — Le Kurdistan irakien a critiqué mercredi les actions militaires "unilatérales" d'Ankara contre les bases arrières des rebelles kurdes du PKK en Irak, mais estimé que ces tensions ne devaient pas nuire au développement des relations commerciales avec la Turquie.
"L'essentiel est la coordination sur les questions de sécurité. Nous rejetons toute action de nature à compliquer les relations entre les Kurdes de cette région et la Turquie", a déclaré le Premier ministre de la région autonome du nord de l'Irak, Barham Saleh, en recevant une délégation de 200 hommes d'affaires turcs.
Mais il s'est également efforcé de rassurer Ankara sur la position du Kurdistan irakien.
"Nous sommes déterminés à faire respecter la loi et nous ne souhaitons pas que la région du Kurdistan soit une source de menace pour quiconque, a-t-il ajouté. La sécurité de cette région doit être maintenue par la coopération bilatérale parce que les actions unilatérales ne profiteront à personne."
La Turquie a mené ces dernières semaines plusieurs raids aériens et deux offensives terrestres contre les bases arrières dans le nord de l'Irak du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en lutte pour l'autonomie des régions kurdes du sud-est de la Turquie.
Le PKK a multiplié en juin ses attaques contre les forces turques, tuant du 19 au 23 juin 18 soldats et deux civils dans le sud-est du pays et dans un attentat à la bombe à Istanbul.
Avant sa visite, M. Caglayan avait émis l'espoir que le développement des échanges bilatéraux avec le Kurdistan permette d'apaiser les tensions autour des rebelles kurdes, selon le journal turc Milliyet.
Les entreprises turques sont actuellement très présentes dans certains secteurs de l'économie du Kurdistan autonome et les échanges commerciaux entre la Turquie et la région autonome ont progressé de 30% en 2009 par rapport à l'année précédente.
"L'importance de cette délégation (turque) est une preuve de la confiance de la Turquie dans l'avenir du Kurdistan qui est une région stable et sûre", avait déclaré mardi soir M. Saleh.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.