Mercredi 19 novembre 2008 à 18h37
NAJAF (Irak), 19 nov 2008 (AFP) — Les autorités irakiennes ont organisé mercredi le rapatriement dans leur région d'origine des dépouilles de 150 Kurdes tués dans les années 80 par le régime de Saddam Hussein et qui avaient été enterrés dans une fosse commune près de la ville sainte chiite de Najaf, dans le sud du pays.
Lors d'une cérémonie à l'aéroport de la ville, récemment rouvert au trafic civil, le ministre irakien des Droits de l'homme Wejdan Mikhail et le gouverneur de Najaf Assad Abou Gulal ont rendu hommage aux victimes.
"Aujourd'hui les crimes de l'ancien régime apparaissent en pleine lumière. Ce sont les restes d'hommes, de femmes, d'enfants, de familles entières", a dit le gouverneur.
Selon lui, dans le seul gouvernorat de Najaf au moins 45 fosses communes ont déjà été découvertes.
Les dépouilles sont celles de Kurdes tuées par les forces irakiennes pendant la terrible campagne Anfal à la fin des années 80, quand des dizaines de milliers de Kurdes ont été massacrés et des milliers de villages bombardés ou rasés.
"Il y avait 150 corps de Kurdes sur un total de 250 corps qui ont été découverts", a précisé le ministre des droits de l'Homme. "Nous en avons identifié vingt grâce à leurs papiers et cartes d'identité, mais 130 corps ne l'ont pas encore été".
Il a ajouté que dès le rapatriement des corps au Kurdistan des tests ADN seraient effectués sur des familles kurdes pour qu'ils soient identifiés.
Lors de la campagne Anfal (1986-1988), les troupes de Saddam ont tué environ 182.000 Kurdes et détruit quelque trois mille villages en représailles à des soulèvements kurdes pendant la guerre Iran-Irak.
Pendant cette campagne, un nombre inconnu de Kurdes ont été déportés de leurs régions d'origine dans le Nord de l'Irak vers des régions désertiques où ils étaient tués et enterrés en masse.
Jeudi, une cérémonie doit être organisée en leur hommage à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, avant que les corps soient inhumés dans le village de Kalar, à la lisière des provinces de Kirkouk et Soulemanyah. Dans cette localité, est érigée un monument à la mémoire des victimes d'Anfal.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.