Samedi 19 juin 2010 à 20h32
ERBIL (Irak), 19 juin 2010 (AFP) — Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebelles kurdes de Turquie) va lancer des attaques dans toutes les villes de Turquie si l'armée poursuit sa politique d'affrontement militaire, a déclaré samedi à l'AFP un porte-parole du PKK.
"Nous allons étendre nos opérations à toutes les villes turques si le gouvernement poursuit ses attaques contre nous", a déclaré ce porte-parole, Ahmad Denis, à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien.
"La Turquie veut nous conduire à la guerre", a-t-il dit. "Elle n'est pas sincère vis-à-vis de la question kurde et ne veut pas traiter cette question de manière pacifique".
"Les mesures qu'elle a prises jusqu'ici ne sont que des mesures factices", a-t-il ajouté en allusion à la politique d'"ouverture kurde" annoncée par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan en octobre.
Cette politique a déjà connu des revers avec la fermeture du principal parti pro-kurde, des arrestations de militants kurdes et une forte opposition des milieux nationalistes.
Les propos de M. Denis interviennent alors que 11 soldats turcs ont été tués samedi dans deux attaques des rebelles kurdes, les plus importantes de ces deux dernières années, provoquant une riposte aérienne de l'aviation turque contre les caches du PKK dans le nord de l'Irak.
Dans une déclaration écrite publiée par ses services, M. Erdogan a souligné que la Turquie était "prête à payer le tribut" nécessaire pour "anéantir" le PKK.
Une première attaque a été réalisée par un groupe de rebelles kurdes dans la nuit de vendredi à samedi contre un poste militaire proche de Semdinli, dans l'extrême sud-est de la Turquie, à la frontière irakienne, faisant huit morts parmi les soldats et blessant 14 autres, selon un communiqué de l'armée.
L'un des blessés a succombé à l'hôpital, portant de bilan à neuf morts, selon l'agence Anatolie.
Douze rebelles, selon l'armée, ont été tués dans la riposte des militaires.
Des chasseurs turcs ont ensuite bombardé des cibles du PKK dans le nord de l'Irak, où cette organisation, considérée comme terroriste par la Turquie et nombre d'autres pays, dispose de bases arrière, a ajouté le communiqué.
Les pertes turques se sont alourdies en cours de journée lorsque deux soldats ont été tués et deux autres blessés par l'explosion d'une mine télécommandée dans cette même région.
Ces soldats participaient aux opérations pour capturer les assaillants à la frontière irakienne, une région dont le relief accidenté favorise les infiltrations.
Ces nouvelles attaques du PKK sont intervenues au lendemain des avertissements de l'armée turque, qui craint une intensification des combats.
130 rebelles et 43 membres des forces de sécurité ont été tués depuis mars, a affirmé l'état-major. Mais M. Denis a contesté ce bilan, affirmant que le PKK avait perdu 130 de combattants depuis avril 2009, et non mars 2010.
Les violences se sont multipliées depuis que le chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, a annoncé en mai qu'il ne chercherait plus à dialoguer avec Ankara.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.