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Financement du PKK depuis la Seine-Saint-Denis: sept hommes devant un juge d'instruction antiterroriste


Vendredi 26 avril 2024 à 12h49

Paris, 26 avr 2024 (AFP) — Sept hommes sont présentés vendredi à Paris à un juge d'instruction antiterroriste en vue de leur éventuelle mise en examen dans une enquête liée au financement du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a indiqué le Parquet national antiterroriste (Pnat), sollicité par l'AFP.

Ces hommes, âgés d'une trentaine à une soixantaine d'années selon une source proche du dossier, étaient en garde à vue depuis mardi. Il leur est reproché "la structuration d'une campagne d'extorsion et de financement du terrorisme depuis la Seine-Saint-Denis", en région parisienne, "au profit du PKK", a expliqué le Pnat.

Le PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan, est classé groupe "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

Le juge d'instruction a également prononcé jeudi des poursuites supplémentaires à l'encontre d'un autre homme, déjà mis en examen dans cette information judiciaire, selon le Pnat.

Les enquêteurs les soupçonnent d'être en lien avec la "kampanya", la collecte de l'impôt révolutionnaire auprès de commerçants et de membres de la communauté kurde installés en France, selon une source proche du dossier.

Lors de sa garde à vue, l'un des meneurs du groupe a notamment affirmé que cette collecte, fondée sur "le volontariat" des personnes donnant de l'argent, "faisait partie de l'ADN kurde", selon une autre source proche du dossier.

De son côté, l'avocat Jean-Louis Malterre, qui défend deux des mis en cause, a dénoncé auprès de l'AFP cette "opération concertée", mentionnant notamment des "perquisitions dans des médias kurdes en Belgique", alors que le PKK est "un mouvement politique qui lutte pour la liberté de son peuple".

Lundi, des perquisitions ont en effet eu lieu dans le cadre de cette même affaire en Belgique, dans les studios de télévision kurdes de Sterk TV et Medya News, à la demande d'entraide d'un juge antiterroriste français.

Le lendemain en France, huit hommes étaient interpellés en Seine-Saint-Denis, en Seine-et-Marne et dans les Bouches-du-Rhône, par la Sous-direction anti-terroriste (Sdat) et l'OCRGDF (Office central pour la répression de la grande délinquance financière). Sur les huit, l'un a été relâché sans poursuites à ce stade, selon le Pnat.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.