Mercredi 24 octobre 2007 à 20h53
NICOSIE, 24 oct 2007 (AFP) — Chypre a dénoncé mercredi la conclusion par la Grande-Bretagne d'un accord avec la Turquie qui envisage d'approfondir les contacts entre Londres et la République turque de Chypre du Nord (RTCN), reconnue uniquement par Ankara.
Selon Nicosie, l'accord, conclu mardi entre le Premier ministre britannique Gordon Brown et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan --en visite en Grande-Bretagne--, prévoit notamment que Londres et ses partenaires européens approfondissent "les contacts politiques, économiques, culturels et commerciaux" avec les Chypriotes turcs.
Pour le gouvernement de la République de Chypre, membre de l'Union européenne depuis 2004, il s'agit d'une faveur faite à la Turquie pour la dissuader d'intenter une action militaire unilatérale au Kurdistan irakien contre les bases du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, rebelles), ce qu'elle menace de faire.
"Le gouvernement considère (cet accord) comme un développement négatif (...) qui donne le sentiment qu'une fois de plus Chypre est sacrifiée au nom d'intérêts étrangers", a affirmé le porte-parole du gouvernement, Vasilis Palmas.
La Grande-Bretagne, en tant qu'ancienne puissance coloniale de Chypre, devrait jouer un rôle plus responsable pour tenter de réunifier l'île divisée depuis 1974, a-t-il ajouté.
L'ambassade de Grande-Bretagne à Chypre a indiqué que l'accord n'allait en aucun cas modifier sa politique vis-à-vis de Chypre.
"Notre politique de non reconnaissance de la RTCN reste inchangée. Nous ne reconnaissons et nous ne reconnaîtrons pas une entité distincte dans le nord de Chypre", selon un communiqué.
Le commerce entre Européens et Chypriotes-turcs a été interrompu à la suite d'une décision de la Cour européenne de justice de 1994.
Chypre est divisé depuis 1974 et l'intervention de l'armée turque, en réponse à un coup d'Etat fomenté à Athènes pour rattacher l'île à la Grèce.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.