Mardi 26 septembre 2006 à 10h08
DIYARBAKIR (Turquie), 26 sept 2006 (AFP) — Cinquante-six maires kurdes sont jugés depuis mardi par une Cour de Diyarbakir (sud-est de la Turquie) pour avoir écrit au Premier ministre danois, en décembre 2005, l'exhortant à résister aux demandes d'Ankara de fermer une chaîne de télévision kurde.
Les maires sont accusés de "soutien délibéré" au parti - interdit- des travailleurs du Kurdistan (PKK) à cause de cette lettre écrite en anglais à Anders Fogh Rasmussen en décembre 2005. Ils risquent jusqu'à quinze ans de prison.
Une quarantaine d'accusés, dont Osman Baydemir, maire de Diyarbakir, la principale ville du sud-est turc peuplé majoritairement de kurdes, étaient présents à la première audience.
De nombreux policiers avaient été déployés devant la Cour d'assises.
Plusieurs de ces maires sont actuellement dans le collimateur de la justice pour d'autres procès, notamment pour apologie du PKK.
Ankara a demandé aux autorités danoises d'abroger la licence de diffusion accordée à Roj TV, basée au Danemark où elle émet depuis 2004, au motif que la chaîne a des liens avec le PKK, un groupe séparatiste armé considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'Union Européenne et les Etats-Unis.
L'acte d'accusation affirme que Roj TV cite régulièrement les dirigeants du PKK et rapporte des déclarations incitant à la violence "conformément à la propagande du PKK".
Les autorités turques considèrent que la chaîne incite à la haine en soutenant ouvertement le PKK, en conflit avec Ankara depuis 1984.
Washington a également demandé à Copenhague de fermer cette chaîne.
L'instance danoise de surveillance de l'audiovisuel a estimé au début de l'année que les programmes de Roj TV ne contenaient pas d'incitation à la haine.
Plus de 37.000 personnes ont trouvé la mort depuis 1984, date à laquelle le PKK a engagé une lutte armée pour obtenir une autonomie du sud-est turc.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.