Talabani : Les Kurdes doivent pouvoir revenir immédiatement à Kirkouk
DOUKAN (Irak), 2 juil (AFP) - 18h18 - Le chef de l'Etat irakien et chef kurde Jalal Talabani et le président de la région kurde Massoud Barzani ont affirmé samedi que leur peuple chassé par Saddam Hussein de Kirkouk, devait pouvoir y retourner immédiatement et non après l'adoption de la nouvelle Constitution.
"Je retourne demain (dimanche) à Bagdad et vais demander au nom du peuple kurde et de Massoud Barzani que l'article 58 soit appliqué immédiatement", a-t-il dit aux journalistes lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Barzani dans la ville de Doukan.
"L'Alliance irakienne unifiée (chiite) et l'Alliance kurde s'étaient mises d'accord sur ce point avant la formation du gouvernement", a-t-il ajouté. Ses deux coalitions dominent le gouvernement irakien issu des élections du 30 janvier.
L'article 58 de la Loi fondamentale transitoire, en vigueur jusqu'à l'adoption de la Constitution définitive prévue normalement à l'automne, stipule que le gouvernement doit "dans un laps de temps raisonnable" permettre aux habitants qui ont été chassés de revenir à Kirkouk ou d'obtenir une "juste compensation" et a ceux qui y ont été installés de retrouver une terre dans leur région d'origine.
Cette prise de position tranchée illustre les fortes divergences opposant les Kurdes et les Chiites.
Elle intervient juste après que le Premier ministre chiite Ibrahim Jaafari eu affirmé dans un journal la semaine dernière que la question de la ville pétrolière de Kirkouk, à 250 km au nord de Bagdad, était compliquée et risquait de prendre du temps pour la résoudre
En effet, les Kurdes ont été chassés dans les années 80 par Saddam Hussein qui y a installé des chiites. Après les élections générales de janvier, les deux blocs avaient décidé de former un gouvernement en se référant à l'article 58 de la loi fondamentale.
"Le gouvernement de Jaafari doit l'appliquer immediatement", a répété M. Talabani qui également insisté pour que le gouvernement donne des fonds pour permettre la réinstallation des kurdes et des chiites.
Les chefs kurdes n'ont pas précisé ce qu'ils feraient si leurs demandes n'étaient pas satisfaites.