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Président iranien Ahmadinejad accusé du meurtre d'un leader kurde à Vienne en 1989


VIENNE, 2 juil 2005 (AFP) - 14h24 - L'Autriche détient des documents accusant le président élu iranien Mahmoud Ahmadinejad d'implication dans l'assassinat d'un leader kurde à Vienne en 1989, a annoncé samedi le ministère de l'Intérieur autrichien.

"Un dossier concernant M. Ahmadinejad a été remis fin mai au Service de lutte contre le terrorisme, qui l'a transmis au parquet général", a déclaré un porte-parole du ministère, Rudolf Gollia, à l'AFP. "Mais nous n'avons pas reçu à ce jour d'instructions pour l'ouverture d'une enquête", a-t-il ajouté.

Ces documents ont été rassemblés par le porte-parole des Verts (écologistes, opposition) autrichiens pour les affaires de sécurité, le député Peter Pilz, qui a demandé l'ouverture d'une enquête sur M. Ahmadinejad, a précisé M. Gollia.

Le parquet de Vienne n'a pu être joint samedi par l'AFP.

Selon M. Pilz, cité samedi par le quotidien Standard, "il existe de très forts soupçons selon lesquels (M. Ahmadinejad) a été impliqué dans l'assassinat de l'opposant kurde Abdoul Rahman Ghassemlou à Vienne en 1989". Les documents fournis sont "très crédibles", a-t-il souligné.

Secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan/Iran, un mouvement d'opposition interdit par Téhéran, M. Ghassemlou et deux de ses collaborateurs avaient été assassinés par un commando le 13 juillet 1989 à Vienne. Les assassins n'avaient pas été retrouvés.

M. Pilz dit s'appuyer sur le témoignage d'un journaliste iranien rencontré le 20 mai à Versailles (France), qui affirme avoir recueilli les confidences détaillées d'un ancien membre présumé du commando, le général pasdaran Nasser Taghipoor, décédé il y a trois ans.

Cette source, qui affirme que ces meurtres avaient été perpétrés sur ordre de l'ancien président iranien Akbar Hashemi Rafsandjani, a notamment fourni "des détails de la scène du crime que seuls pouvaient connaître des personnes qui étaient sur place", affirme M. Pilz.

Vendredi, le quotidien tchèque Pravo avait publié le témoignage d'un responsable de l'opposition kurde iranienne exilé en Irak, Yazdan Panah, accusant M. Ahmadinejad d'avoir fourni au commando, à Vienne, les armes ayant servi à l'assassinat.

Elu à la présidence de la République islamique d'Iran il y a une semaine, M. Ahmadinejad fait par ailleurs l'objet d'une enquête des services américains, qui cherchent à vérifier s'il a joué un rôle dans une prise d'otages à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran entre 1979 et 1981.



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